Bonjour chez vous les Zébronautes et les Z’autres,
Il pleut sur la ville. Les jours raccourcissent à coup de changement d’heure. La nature revêt ses bruns dorés et ses bruns ocres. Dans le vent les feuilles mortes ont des élans de papillons…et l’on se laisserait bien aller à la douce contemplation de ce spectacle mélancolique.
Oui, mais voilà. Pendant ce temps là, sur la scène politique, un autre spectacle bat son plein. Les entrées, sorties et fausses sorties se multiplient avec le rythme effréné d’un vaudeville. Le sort de certain repris de justice est joué avec l’ accent d’un mauvais mélodrame. Les décisions et contre-décisions prises en haut lieu sont dignes du suspens des grandes tragédies. Le tout agrémenté d’absurde (au sens étymologique et camusien du terme), d’ob-scène et de grotesque (au sens où l’emploie Foucault).
Tu ne veux pas rester spectateur médusé, abasourdi devant tant de non sens et d’incohérences, mais comment réagir à ça ?
A- En digne descendant de la colère d’Achille
B- En adepte de Bartleby «Je préférerais ne pas…»
C- En rêvant avec Mallarmé « Fuir, là-bas fuir… »
E- En mode Adèle Haenel : je me lève, je me casse.
Pour retrouver de la puissance d’agir, le Zèbre te propose quelques rendez-vous incontournables.
Affronter ses peurs, les immondices d’une société machiste et les fantômes d’une dictature avec Nicole Mersey Ortega au Mouton Masqué le dimanche 23 novembre à 16h16 parce que « Même le froid tremble ».
Se remémorer, avec Philippe Hanus, comment le groupe de rock Carte de séjour a su dans les années 80 faire face à l’extrême droite. Ce sera à la Coopérative du Zèbre le mercredi 17 décembre à 19h19.
Questionner le réchauffement climatique et la montée du fascisme avec Wendy Delorme à la Coopérative du Zèbre le jeudi 18 décembre à 19h19 autour de son livre « Le parlement de l’eau ».
Et puis quel que soit ton état d’esprit, il trouvera un écho dans les pages du journal du Zèbre. Tu pourras plonger dans le réel et découvrir le quotidien d’un patient en hôpital psychiatrique avec « UPL ou le désespoir créatif d’une prof d’arts plastiques ». T’enfuir, « biduler » dans les rues d’Istanbul avec « Les Chroniques » de PJ ou prendre la direction du New Jersey avec Pedro, pour découvrir Halloween chez Edgar Poe. T’évader et rêver au fil des photographies de « R comme Renard » ou au souffle de « La poésie des confins ». Entreprendre « Un voyage en ton for intérieur Queer », histoire de « brasser les identités et les cultures » et « jeter un sort aux normes qui font pouvoir ». Ou encore partager la colère lasse de Mc Chouchou dans sa « Lettre ouverte à Dupont-Moretti », parce que « ce cher Eric » n’est toujours pas capable de penser le « vivant ».
Alors, malgré la nuit, la pluie et l’appel de la couette, le temps de l’hibernation n’est pas encore venu. On en a assez vu ! On se lève et on se casse ou on se lève et on agit ! Et en route vers un futur radieux !
Madame B.
NOS ÉVÈNEMENTS
NICOLE MERSEY ORTEGA AU MOUTON MASQUÉ LE 23 NOVEMBRE 16H16
« Dans un pays qui n’aime pas les femmes, trois jeunes filles prennent la route pour se rendre à la fête de la Vierge noire, 1 600 kilomètres au nord de la favela où elles ont grandi. Entre Santiago du Chili et le village d’Iquique, elles vont croiser des policiers véreux, les fantômes des victimes de Pinochet, des routiers menaçants, une Dame blanche, des prostituées sorcières, des voyous généreux, un serial killer, des pères en deuil et des mères qui ne pardonneront jamais.
Même le froid tremble est un road trip brutal et poétique. Un vent de révolte punk souffle sur cette odyssée tour à tour féroce et tendre. Il s’agit du premier roman de Nicole M. Ortega, fille du Chili, romancière française. »
PHILIPPE HANUS À LA COOPÉRATIVE DU ZÈBRE
17 DÉCEMBRE 19H19
« Histoire et mémoires d’un groupe rock engagé dans les combats émancipateurs de son temps. »
« Formé en 1980 par Mohammed et Mokhtar Amini à Rillieux-la-Pape, dans l’agglomération lyonnaise, rejoints par le chanteur Rachid Taha puis divers autres musiciens, Carte de séjour défend un rock métissé, engagé contre le racisme et pour la justice sociale. Le braconnage de la langue (un arabe de banlieue mâtiné d’anglicismes et de parlers populaires lyonnais baptisé « rhorho ») et des sons est au coeur de l’aventure de cet ensemble musical mêlant sonorités électriques et instrumentations traditionnelles du Maghreb. Contemporain des luttes des descendants d’immigrés, telles que la Marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983, Carte de Séjour exprime, durant la décennie 1980–1990, une forme originale de création musicale et de résistance aux assignations identitaires. Il est en outre l’ambassadeur d’une certaine culture cosmopolite, en Europe et au Maghreb, qui influencera nombre d’artistes de la scène internationale pop-rock et rap. »
WENDY DELORME À LA COOPÉRATIVE DU ZÈBRE
18 DÉCEMBRE 19H19
La Révolution, c’est de l’Eau… Sauver un cours d’Eau, aussi ténu soit-il, c’est un début pour sauver tout ce qui peut encore l’être.
Une romancière, qui croit au pouvoir de la littérature pour changer le réel, convoque en pensée des entités aquatiques : Fleuve, Mer, Océan, Crue, Ruisseau, Rivière, Cascade, Marais, Lac, Lagune… Celles-ci inventent une histoire sur la nécessité vitale de sauver le cycle de l’eau, faire barrage à la montée du fascisme, retisser les liens entre l’espèce humaine et le vivant.
Depuis le bassin versant du Rhône sur lequel elle enquête, Wendy Delorme nous propose un roman inspirant, où l’utopie l’emporte sur la dystopie.