Les Texticules de Pedro : Corbeau ascendant citrouille. Un Halloween chez Edgar Poe

Les texticules de Pedro # 27

 

Corbeau ascendant citrouille : un Halloween chez Edgar Poe

 

 

Un 31 octobre chasse l’autre… Il y a deux ans, je présentais dans ces mêmes pages zébrées un aperçu de la fiesta de los muertos à Mexico, avec œillets éclatants, calaveras ricanantes et offrandes de tequila (ici, et encore ). Cette année, cap au nord-est avec Halloween dans le New Jersey. La généalogie rituelle n’est plus pré-hispanique mais celtique, importée ici par les immigrants européens et spécialement irlandais. Reste qu’on y trouve toujours et encore le désir de prendre la mort à la rigolade faute de pouvoir la vaincre, et de retourner l’angoisse de la perte et le désespoir de la fin en exultation collective et créative.

 

Des différences cependant, une fois passé le Rio Grande et entré sur les terres d’Edgar Poe et des sorcières de Salem. Les Mexicains maintiennent un certain recueillement sous les rictus de la Catrina, et il s’agit pour eux de véritablement honorer leurs morts en se rappelant le bon temps passé en leur compagnie. La fête états-unienne ne contient plus aucune trace de métaphysique ni même de référence à des défunts identifiés. Et si elle est elle aussi familiale, c’est en ce qu’elle est avant tout réservée aux enfants. C’est avec eux que sont élaborés les fantômes de drap blanc pendus dans le jardin, creusés des potirons-lanternes en encore dessinées des têtes de mort, cela avant qu’ils n’aillent faire la quête de friandises chez les voisins.

 

 

 

 

 

Elle est aussi davantage commerciale, donnant prétexte aux boutiques de se faire une devanture à la Tim Burton et de vendre des gadgets macabres sans redouter l’overdose de kitsch. C’est ainsi qu’une vieille légende post-celtique raconte que le soir d’Halloween, non seulement les sorcières aux chapeaux pointus volent en escadrille et les zombies sortent de leur tombe en chantant du Michael Jackson, mais les billets verts se teintent de reflets couleur citrouille…

Pedro (texte et photos)