Le père, le fils et le saint-fantôme

Je n’ai jamais vu la tombe de mon père.

Non que ses yeux de jugement
aient été oubliés
ni la pression de ses mains
sur nos poignées de porte le soir

un demi tour chaque nuit
et il arrivait
poisseux des affaires du Monde
massif et silencieux

comme le vœu de tout le jour
prêt à redéfinir
chacune de nos silhouettes

Désormais nos poignées de porte
attendent      et ne nous reconnaissent pas
quand nous passons.

Chaque semaine une femme différente
régulière comme son verre rapide
chaque soir
respirant l’herbe que son calme cultivait
qu’on appelle weed.

Chaque semaine      une femme différente
a le visage de ma mère
et lui
que le temps a       inchangé
doit être abasourdi
qui n’en a connu et aimé
qu’une.

Mon père est mort en silence
en aimant la Création
et les réponses bien définies
il a vécu     toujours des jugements
sur les choses familières
et il est mort      en sachant
un 15 janvier qui m’annualise.

De peur d’aller à la poussière
Je n’ai jamais vu la tombe de mon père.