#39- Bill Campbell : Body Beat

La figure Bob Marley a été si éblouissante, que lui et sa clique, Bunny Wailer, U Roy, Black Uhuru, Peter Tosh et consorts, ont contribué à réduire la Jamaïque au Reggae et à ses cousins, la Ska, le Rock Steady, le Dub.

Au mieux, on se souvient que tout ce beau monde descend du Mento, la musique des montagnes, issue des cultures Ashanti et des influences afro-caribéennes. Il s’est fait discret, souvent présenté comme Calypso, pour profiter de la vogue d’après guerre. Les plus grands succès de Harry Belafonte, sur son disque sobrement baptisé « Calypso », sont en réalité des Mentos (il est originaire de Jamaïque).

Mais cette île atypique, située hors de l’alignement des archipels caribéens et antillais est un inévitable croisement.

On ne sait pas grand chose de Bill Campbell, il est né en 1950 et vit au Royaume-Uni, mais il est sans doute le plus grand brasseur de musiques, imaginable. Il emprunte au Dub, à la Soca (aussi venue de Trinidad, elle mélange un Calypso rapide et les instruments de l’Est de l’Inde, communauté très importante sur l’île). Il incorpore un peu de Soukous congolais, dérivé de la Rumba. Une pincée d’électronique, tout ce qu’on peut abriter sous le terme de fusion. Un aimant à musiques de l’Atlantique Noir.

Normalement, cela devrait donner un bloubi-boulga parfaitement indigeste. Mais non.

James Stewart & Marc Uhry

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