CHRONIQUES DE VOYAGES DE PJ – JOUR 9 – #BIDULEJAPAN2026

CHRONIQUES DE VOYAGES DE PJ – JOUR 9 – #BIDULEJAPAN2026

 

Romuald&PJ au Japon 2026 – Jour 9

Notre séjour à Tokyo nous a permis de prendre la température du pays, de nous perdre et de nous questionner dans cette société tellement éloignée de la nôtre. Nous essayons d’avoir un regard neutre et d’éviter de juger. Nous ne venons pas en conquérants. Nous n’avons pas la prétention de penser comprendre ce monde en un mois, d’ailleurs nous peinons depuis plus de 50 ans à comprendre le nôtre. Notre rôle d’artistes est de donner une forme plastique à ce qui pourrait nous rapprocher, eux et nous. En nous invitant à Takasaki, Frédéric nous offre l’opportunité de nous confronter à ce défi. Pour cela, il nous avertit des dangers de l’appropriation culturelle qui serait mal perçue et mal vécue par le public japonais. Nous rentrons dans notre 3ème jour ici, le travail sur papier va commencer ce matin pour Romuald et, de mon côté, je dois finaliser la performance du 15 juillet. Il est 7h44 du matin, c’est pas facile de m’y mettre.

 

C’est beaucoup plus simple pour moi d’écrire ici car nos journées sont beaucoup moins chargées qu’à Tokyo où nous devions optimiser au maximum le temps de découverte de la ville. Le Palais des paris est une ancienne école d’anglais, il y a des vestiges de cette époque. Je me suis installé un petit bureau d’écolier avec sa chaise dont le dossier a été scié à l’extérieur devant notre chambre. J’ai juste la place de poser mon ordinateur et mon clavier. C’est propre et rangé mais c’est surtout un espace de stockage, absolument pas aménagé comme une terrasse. Je ne sais pas comment mes voisins voient cela. Ici, les extérieurs sont fleuris mais absolument pas faits pour y rester. Cela nous a beaucoup intrigués à Tokyo de voir la plupart des immeubles d’habitation équipés de balcons mais sans aucune trace de tables, chaises ou pots de fleurs. Au mieux, il y avait des étendoirs à linge. Bref, je dois passer pour un original.

 

A Tokyo nous avons vu. Nous y avons également acheté des objets et chiné des choses comme des magazines gratuits pour avoir du matériel afin de commencer au plus vite notre travail ici. La dernière étape était donc d’aller chercher les supports et instruments qui permettront à Romuald de commencer les œuvres.

C’était donc notre mission d’hier. Une fois que j’ai terminé d’écrire, nous sommes partis dans la zone commerciale et industrielle pour trouver une grande papèterie qui propose du matériel de beaux-arts. Nous savions que nous allions revenir pas vraiment chargés mais encombrés de feuilles de papier et autres petits matériels, alors Bidule est resté au Palais. Le bureau de poste était sur notre chemin mais nous avions oublié les cartes postales écrites à Tokyo, chez nous. Nous avons marché sous un soleil de plomb assez longtemps pour rejoindre le magasin. Acheter des choses ici peut s’avérer compliqué car certains produits ne se présentent pas du tout comme chez nous et tout est écrit en japonais, l’IA est notre meilleure amie. Même trouver un simple marqueur noir est une quête du Graal. Nous avions l’intention de passer par le supermarché pour manger le midi et le soir mais les bras, chargés de papiers et autres cartons plumes somme toute assez fragiles, nous ont amené à rentrer poser tout ça au Palais des paris avant toutes autres choses. Nous avons marché toujours au soleil, entre deux usines et 3 magasins on trouve des rizières. Là encore certaines architectures interpellent (pas toujours pour le meilleur), nous reviendrons avec Bidule.

Pour rentrer, Google map nous fait passer par des chemins minuscules, j’hallucine que cette machine soit capable de connaître ces passages. Nous sommes chez nous à 11h30, nous repartons presque de suite vers le supermarché qui est à 10mn de chez nous. D’une part, le Palais n’est pas particulièrement équipé pour cuisiner mais surtout, je serai bien emmerdé de savoir quoi faire ici et avec quels produits. Nous nous rabattons vers les bentos. Quand nous ne sommes pas au restaurant, c’est la base de notre alimentation. Mais là encore, c’est comme avec la colle et les feutres, on reconnaît assez facilement que c’est de la nourriture mais définir exactement ce que nous allons manger est une autre histoire. Le bento est un plat préparé dans une barquette. Il y a de viande ou du poisson avec du riz ou des nouilles et souvent un peu de légumes. Chez nous on trouverait ça au rayon traiteur à des tarifs prohibitifs. Je pense que c’est du semi-industriel mais c’est à mille lieux d’un sauté de veau en barquette chez nous. A condition de comprendre ce que l’on achète, les plats sont très bons et coûtent environ 500 yens (2,5€). Le vert n’étant pas légion ici, nous nous rabattons vers des wraps garnis de salade verte, tomate, choux blanc… Nous prenons des sashimis et du vin, car on voudrait pas mourir de soif. Le change Euro/Yen est très avantageux, pour nous la note est vraiment peu salée, mais nous avons appris que le salaire minimum ici est à environ 1000 yens (5€), pour ceux qui gagnent leurs vies à ce prix cela doit être très dur. Il y a des pauvres au Japon, il y en a partout. Ce qui est déroutant, c’est que le seul signe de pauvreté que l’on voit c’est l’âge canonique de certains travailleurs et travailleuses. Nous avons vu deux mendiants à Tokyo et c’est tout. Il faut que je pense à poser des questions à Frédéric sur cela.

Nous sommes rentrés manger et avant la sieste, j’ai commencé à écrire le texte d’une des chansons de la performance, je ne sais pas ce qu’en pensera Frédéric mais on a beaucoup rigolé avec Romuald. Au réveil, nous avons pris le train à la petite gare de Tikatakasaki pour rejoindre le centre de Takasaki. Nous avions encore une petite emplette à faire et surtout commencer à photographier Bidule dans le coin. Le trajet dure 5mn. À la sortie du train il y a des policiers qui nous suivent du regard, je n’aime pas ça et on évite de faire des photos ici. On se balade, c’est urbain, Bidule s’éclate et nous aussi.

 

Dans une boutique de photos sur plusieurs étages nous ne savons pas où chercher ce que nous voulons, nous choisissons de demander directement à une employée si le produit est en stock, merci Google trad, elle nous installe sur des chaises et revient, 5mn plus tard, désolée car ce n’est pas en rayon. Elle est interrogative sur Bidule et j’enfile le masque, la japonaise est très expressive et l’est plus encore quand je lui donne notre carte de visite et la petite carte qui explique le projet en japonais. Décidément, Bidule ne laisse pas les gens indifférents ici. Nous rentrons à pied jusqu’à chez nous.

Nous avons rendez vous peu avant 22h avec Frédéric qui passera nous chercher pour aller au bar où nous allons faire la performance le 15 juillet. Nous mangeons en buvant notre vin chilien. Il arrive à l’heure en train et repartira à pied, la tolérance 0 au volant est scrupuleusement respectée ici. Nous rejoignons le bar qui est à 15mn plus ou moins. Frédéric est accueilli comme le messie et, dès qu’il nous présente, nous avons droit à des embrassades très étonnantes dans ce pays où la distanciation sociale est si grande. Frédéric connaît plus ou moins tous les clients et distribue les flyers de la soirée en nous présentant. Nous distribuons des cartes et nous avons droit à nouveau à des bruits et gestes très expressifs. Frédéric nous prévient que cela n’engage pas du tout leur présence le soir de la perf.

On a passé une très bonne soirée arrosée mais pas dans l’excès et nous sommes rentrés.

Romuald est dans l’atelier, je vous dirai sûrement demain ce qu’il y fait.

 

PS : Les photos sont de Romuald, ça se voit car elles sont jolies.

Pour en savoir plus sur Romuald&PJ vous pouvez visiter notre site : Website de Romuald&PJ