CHRONIQUES DE VOYAGES DE PJ – JOUR 10 – #BIDULEJAPAN2026

Romuald&PJ au Japon 2026 – Jour 10

 

Rien n’a pour l’instant vraiment commencé, mais les premiers coups de feutres sur les carnets de recherches donnent une idée de ce qui pourrait accoucher au cours de notre séjour à Takasaki. Le japon est le pays de l’estampe. Des tampons de toutes sortes sont dans les papèteries. On y trouve tous les animaux réels ou imaginaires, des lettres et des idéogrammes, des chiffres, des objets… Les rayons tampons sont incroyablement fournis et dans les boutiques les plus spécialisées ils peuvent même se trouver dans plusieurs endroits du magasin. Pour tamponner il faut de l’encre et là encore le choix est large, il y en a même qui permettent de tamponner en arc-en-ciel.

Romuald reste sobre, c’est le noir qu’il a choisi.

Takasaki est la ville des Darumas. Ce sont des petites poupées en papier mâché fabriquées artisanalement par des religieux. Elles sont vendues décorées mais les yeux ne sont pas peints. Celui qui l’achète peindra le premier œil en faisant un vœu et remplira le deuxième une fois le vœu réalisé. Il apportera ensuite au temple sa poupée pour qu’elle y soit brûlée. On en a vu à Tokyo, mais ici il y en a partout, de toutes tailles et avec des décorations parfois très libres. Romuald en a acheté 3 pour essayer de les customiser en Daruma Bidule. Il aurait préféré les acheter vierges mais cela semble impossible. Romuald arrive presque toujours à ses fins, je pense que le projet de sculpture aura une bonne gueule. Pour ma part, j’ai 2 jours devant moi pour terminer ma performance de mercredi. Au risque d’en faire hurler quelques uns, je me sers de l’IA pour faire des musiques et les chants. Pour les textes, c’est mon intelligence à moi qui est aux commandes. J’ai traduit « I don’t want to kill Beyoncé » en japonais, le plus dur dans cette opération a été de retrouver le texte dans mon ordinateur. Sur une étincelle de Romuald, j’ai écrit une chanson sur Monsieur Bidule à Takasaki, pour la musique j’ai choisi une musique, un peu stressante pour des oreilles européennes mais très populaire ici, qui pourrait s’apparenter à une musique de dessin animé. C’est en voyant une vidéo de la mascotte de la ville que j’ai pensé à ça. Je voudrais écrire un troisième texte qui serait une suite de « I don’t want to kill Beyoncé » où c’est Bidule qui fuit car Beyoncé veut le tuer. Beyoncé ne veut pas partager la célébrité. Je ne suis pas convaincu alors je rame. Pour la scénographie, on est à peu près au point bien que quelques réglages soient à faire. Frédéric semble nous faire confiance.

J’avais une mission hier : trouver un point de collecte pour le verre. Le recyclage ici se fait en séparant les emballages « brûlables » et « non brûlables » mais le verre n’est pas inclus dans le « non brûlable ». J’avais deux bouteilles de vin à jeter et j’ai dû faire une enquête approfondie pour m’en débarrasser. Sur Google map ma recherche était infructueuse. Je me suis tourné vers l’IA qui m’a donné des points de collectes qui comprenaient tout types d’emballages mais pas le verre, elle m’a également indiqué que les kombinis (petites superettes) en avaient. Cela semblait logique c’étaient eux qui nous avaient vendu les bouteilles. Mais non, rien. En me servant du traducteur, j’ai demandé à l’employé du magasin où je pouvais aller. La jeune fille était un peu affolée par la question ce qui n’avait rien de rassurant et est allée chercher des infos. Elle est revenue avec une collègue avec un téléphone à la main. Tout était écrit en japonais, cela ne m’avançait pas beaucoup. J’ai pris une photo de l’écran. Je demanderai plus tard à l’IA de me traduire ça. Les japonais sont globalement distants mais ont un sens du service aiguisé : tout en japonais et en langue des signes, la jeune fille m’a expliqué le chemin du trésor. J’ai écouté poliment en essayant de comprendre « Tout droit puis à la deuxième mais peut-être à la troisième à droite puis à gauche », c’était pas clair.

J’en profite pour acheter des clopes et je repars. Le texte en japonais que j’ai pris en photo indique une chaîne de supermarchés. Il y en a un pas très loin.

Tout cela s’est déroulé avant hier soir.

Hier matin, une fois mon temps d’écriture passé, je me mets en quête de trouver ce point de collecte. Le supermarché en question est à 10mn de marche du Palais, je laisse Romuald à l’atelier et je pars. Il y a effectivement un point de collecte mais rien pour le verre. Il y a un agent de sécurité. Ces employés sont presque systématiquement des personnes âgées, ils font de l’entretien, du balayage ou la circulation dans les parkings. Là, il trimballait des cartons vides. Toujours à l’aide du traducteur, je lui demande ce que je fais de mes bouteilles. Il semble me dire que c’est facile, m’amène au point de collecte et, une fois qu’il les a passés en revue, se retourne et croise les bras comme s’il faisait un X, ce qui veut dire que c’est interdit. Au Japon, on ne rigole pas avec les interdits. Je prends un air désespéré et je lui demande ce que je peux en faire, cette histoire commence à devenir compliquée. Il interpelle une vielle dame qui jette ses emballages, elle aussi se met en tête de résoudre mon problème mais semble me dire qu’il n’y a pas d’espoir. Et là, retournement de situation ! Il y a un petit carton déjà bien plein de bouteilles en verre et la dame comme le gardien semblent me dire que je peux les laisser là. Ouf.

Comme j’ai besoin de compléter notre repas du midi, je rentre dans le supermarché. Il est beaucoup plus grand que celui où nous allons d’habitude. Bien que ce ne soit pas ce que je venais chercher,  je tombe miraculeusement sur des cubis de vin au même prix au litre qu’en bouteille (600 yens – 3€) qui solutionnera mon problème de tri.

 

 

Nous avons rendez-vous avec Frédéric à la gare de Takasaki pour aller faire un matsuri. C’est une fête locale qui se passe dans un bled de 400000 habitants à quelques kilomètres d’ici. Nous prenons le train à la petite gare à deux pas du Palais, Frédéric nous attend sur le quai à l’arrivée et nous montons directement dans le train qui est sur la voie d’en face. Bidule est avec nous. Maebashi est une très grande ville comme Takasaki, elle est aussi la préfecture de la région. Pour autant, Frédéric nous explique que par des choix politiques malheureux et incohérents la localité peine à se dynamiser. Nous arrivons là-bas une quinzaine de minutes plus tard et nous marchons vers le centre ville. Nous faisons les premières photos de Bidule avec des sculptures dans la rue, des Maillol en moins jolis. Nous arrivons au début du matsuri. Il y a beaucoup de monde. Avant de nous avancer dans la foule, nous allons visiter le musée local. Bidule ne rentre pas dans la consigne mais ils le gardent derrière la banque à la caisse. On visite l’expo rapidement, c’est faiblard. La rue est surchargée en décorations, de chaque côté il y a des marchands qui vendent des trucs à manger. Des nouilles, des brochettes de viandes de toutes sortes, des bananes trempées dans du chocolat, des concombres en saumure qui semblent être un produit très prisé par toutes les générations, il y a aussi des brochettes de seiches entières et je me demande comment on fait pour manger ça. Il y a enfin des choses à manger que je n’ai pas réussi à définir. Nous avons fait beaucoup de photos. Il faisait beau et les couleurs de la fête rendent la production du moment très bien. On est contents.

 

 

Frédéric nous a montré une œuvre de Lawrence Weiner sur la façade d’un hôtel et nous sommes revenus dans le tumulte. Nous sommes allés boire un coup dans un bistrot. Ils vendent de la bière sans alcool à laquelle ils ajoutent de l’alcool de riz. On a pris quelques uns de ces breuvages en papotant. Bidule était avec nous et plusieurs personnes intriguées sont venues nous parler. Il y avait une petite fille qui a demandé à le porter. Sa maman était hilare en faisant des photos et est allée chercher le reste de la famille pour voir la scène laissant la petite avec Bidule sur la tête, cette dernière ne sachant pas si la séance photo était finie ou non.

La journée de matsuri s’achevait et les vendeurs pliaient leurs stands pour la nuit, nous sommes rentrés à Takasaki dans un train bondé de jeunes et nous avons mangé dans un restaurant chinois pour 1300 yens (7€) le menu était composé d’une bière et de 2 plats par personne à partager. Je pense que je pourrais remplacer le Bibendum Michelin à la rentrée.

 

Nous avons marché une demi-heure pour renter au Palais des paris.

Il est 9h43 ici. Je vais prendre un autre café et une douche et je vais essayer de trouver l’inspiration pour cette satanée chanson.

PS : Les photos sont de Romuald, ça se voit car elles sont jolies.

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