CHRONIQUES DE VOYAGES DE PJ – JOUR 8 – #BIDULEJAPAN2026

Romuald&PJ au Japon 2026 – Jour 8

Nous sommes arrivés à Takasaki.
Le logement de Golden Gai devait être libéré à 10h00 au plus tard. Nous avions fait nos bagages la veille (surtout Romuald) en jouant au Tetris mais tout est rentré. Takasaki étant une très grande ville de 400000 habitants à moins de 100km de Tokyo, il y a un train par heure qui part de la gare de Shinjuku. Nous n’étions pas pressés par le temps, l’heure du coucher la veille avait été raisonnable, j’ai réussi à dormir jusqu’à 6h30 et c’est presque une grasse matinée pour moi.
J’ai pris mon café en écrivant dans une semi-obscurité pour ne pas trop déranger Romuald.

Vers 8h45, mon texte était terminé. Le plus fastidieux avec cette publication quotidienne, c’est d’ajouter les photos sur l’article. Pour sa lisibilité, je ne veux pas en mettre trop et je ne sais pas toujours laquelle choisir, d’autre part mes images sont sur mon téléphone alors que j’écris et publie sur mon ordinateur, le transfert de l’un à l’autre prend du temps. Romuald me relit pour corriger mes fautes, je grille une cigarette pendant ce temps. Si je me bouge un peu les fesses, on peut prendre le train de 10h11, la gare est toute proche et malgré notre chargement nous devrions pouvoir y être à l’heure. Je me lave et nous luttons pour faire rentrer ma trousse de toilette dans mon sac à dos, après une nouvelle partie de Tetris, elle finit par rentrer. Même ma banane est pleine comme un œuf. Après un dernier check de l’appartement, nous enfilons nos chaussures et nous partons. La pente douce pour rejoindre la grande avenue au-dessus de chez nous est en mauvais état, Romuald qui tire la caisse de voyage de Bidule souffre un peu. Une fois sur l’avenue, ça glisse mieux mais le slalom avec les Tokyoïtes qui vont travailler et les touristes est une épreuve olympique. Nous arrivons à la gare avec une demi-heure d’avance, nous savons sur quel quai nous rendre, nous avons le temps de rejoindre le fumoir public avant d’aller attendre notre train. Je pars ensuite en éclaireur pour essayer de trouver un ascenseur, je ne le trouve pas.
Une nouvelle épreuve olympique s’ouvre à nous. Je porte la valise de la main droite et j’aide Romuald avec Bidule de la main gauche, on est médaillés d’or dans la discipline.

Il y une invention japonaise très commode pour les étrangers comme nous. C’est la carte SUICA. C’est une carte de paiement dématérialisé qui fonctionne comme Apple Pay depuis le téléphone et qui sert à payer dans tout un tas de commerces mais surtout dans tous les transports en commun. On la charge en argent au fur et à mesure depuis notre compte bancaire avec un change avantageux. Que ce soit pour le métro ou pour le train, on bipe la carte à l’entrée et on la re-bipe à la sortie, et cela débite le montant du trajet. On paye au Kilomètre ici, les transports en commun sont globalement moitié moins chers que chez nous. Un trajet en métro est autour de 200 yens (1€). Le système est le même pour les trains de banlieue, venir jusqu’à Takasaki nous a coûté 2000 Yens (environ 10€) mais surtout grâce à cette carte magique, nous n’avons pas eu à prendre de billet.

Le trajet en train est cool, c’est un local qui s’arrête souvent et on met presque deux heures pour rejoindre notre destination. Le Palais des paris est à deux pas d’une gare secondaire à Takasaki (Tikatakasaki), nous faisons une correspondance de 20mn pour le deuxième trajet qui durera moins de 5mn. Il y avait des ascenseurs entre les deux quais, ouf.

Frédéric qui nous reçoit arrive presque de suite et nous guide dans un petit dédale de maisons individuelles jusqu’à notre résidence. On visite le palais. C’est une maison sur 2 étages avec un espace chambre, cuisine et douche au rez-de-chaussée, un espace atelier qui sera aussi lieu d’expo au premier étage et une salle ouverte aux quatre vents mais qui peut aussi accueillir des œuvres au 2ème étage. Le tout avec une architecture incroyable.
Frédéric nous fait les recommandations d’usage pour que tout se passe dans l’harmonie. Rien qui ne sorte de l’ordinaire. Nous avons des vélos à disposition, là c’est plus étonnant car il nous demande de signer une décharge. Nous apprenons alors que l’usage du vélo au Japon est très encadré. Le respect du code de la route est pareillement condamné que pour les automobilistes. C’est une tolérance 0 pour la consommation d’alcool par exemple. Mais en plus, comme les vélos lui appartiennent, il est coresponsable de nos agissements. Nous signons. Je me dis qu’en France, cela serait pas mal de s’inspirer (un peu) de ça avec les cyclistes et trottinettistes.
L’artiste qui nous précédait prenait son train en début d’après-midi. Nous sommes allés manger avec lui et notre hôte dans un fast-food à sushi très rigolo. On n’y voit pratiquement aucun employé, on s’enregistre en arrivant en indiquant le nombre de convives et la machine nous indique le numéro de notre table. Là il y a une tablette avec le menu et on choisit ce que l’on veut chacun à notre tour. Les plats arrivent à toute vitesse sur des trains (oui oui ! tchou tchou !) qui s’arrêtent devant notre table, on décharge la livraison et on clique sur la tablette pour que le train reparte à vide. C’est hallucinant, j’ai hâte d’y retourner pour vous faire une vidéo.

Sortis de cette expérience culinaire et ferroviaire, nous avons accompagné Benjamin à la gare et nous avons visité tous les centres commerciaux qui nous seront utiles pour la résidence. Nous avons passé en revue les supermarchés, magasins de bricolage, papeteries, de seconde main… Nous sommes revenus poser la voiture au palais et Frédéric nous a proposé de nous faire visiter la ville à pied. La résidence est super bien située entre les centres commerciaux accessibles à pied comme en vélo et le centre-ville. Encore une fois ici, Google Maps sera notre meilleur ami. La ville est remplie de ruelles où il sera facile de se perdre. Nous visitons le building de la Mairie où se trouve un incroyable triptyque de Franck Stella de 10m de long au bas mot sur 2m de hauteur. Au dernier étage de la tour il y a un point de vue sur la métropole, on n’est pas à Tokyo mais on dépasse le million d’habitants.
Frédéric nous parle de la ville, de ses incohérences, des tambouilles politiques locales (y’a pas de raison qu’on soit les seuls emmerdés) et de la place de l’art au Japon en général et à Takasaki en particulier.
Il nous a invité dans un bistrot où on a mangé des sortes de galettes/omelettes délicieuses et bu un verre et nous avons fini tout nus dans des bains publics. Cette dernière expérience de la journée était des plus agréables. Comme absolument partout au Japon, on se déchausse en rentrant du côté des hommes, les femmes ont une autre entrée. On paye une somme modique de l’ordre de 400 Yens + 20 pour le savon. On se déshabille en public et on rentre dans la salle des bains. On ne se baigne qu’une fois propre. Il y a des petits tabourets à l’entrée avec à coté des seaux, chacun prend les siens. On s’assoit devant deux petits robinets d’eau très chaude et froide que l’on mélange à son goût pour se laver. On s’arrose avec le seau. Une fois propre, on va dans le bain. L’eau est brulante à 45° au bas mot, Frédéric avait préalablement allumé le robinet d’eau froide mais malgré cela, j’ai du attendre un bon moment avant de me baigner. On éteint l’eau froide et on reste un moment au court-bouillon, avant la cuisson complète on retourne aux robinets et avec le petit seau on s’arrose d’eau plus fraiche et on recommence l’opération.
Frédéric nous a raccompagnés au Palais.
Nous avons un peu rangé nos affaires et installé de quoi charger toute l’électronique (c’est dingue ce que nous trimballons comme objets à recharger) et j’ai publié le brouillon du texte de la veille avec les photos pour relecture à Lyon avant sa publication et voilà, c’était la fin d’une belle première journée.
Ici il fait beau mais pas trop chaud, je crois que nous avons de la chance.

Palais des paris


Mr Bidule


Romulad&PJ