Romuald&PJ au Japon 2026 – Jour 7
Hier, c’était notre dernier jour à Tokyo et une belle journée nous attendait. Le ciel bleu est enfin apparu, ce qui a été le signe d’une augmentation franche et rapide des températures. Nous partions visiter les villes de Ginza, Tokyo et Akihabara. Toujours sur le même concept, on se rend au début de la randonnée en transport en commun et on marche jusqu’au point d’arrivée.
Je me suis levé tard vers 7h, bien que la nuit ait été bonne, j’accuse peut-être encore le coup de notre petite sauterie internationale. On n’a plus vingt ans. Je me suis mis à l’écriture de suite après avoir fait mon café. Romuald s’est levé peu après moi. Il me confirme qu’on a une journée un peu chargée. J’écris environ jusqu’à 8h30 et je vais me préparer pour être sur le pont à 9h.
Bidule part avec nous aujourd’hui. Nous partons vers Ginza. Nous arrivons dans un quartier d’affaires avec des tours immenses. À la différence de tout ce que nous avons visité avant, ce quartier est ordonné à la new-yorkaise. Des rues et des avenues se croisent en faisant des blocs d’immeubles. Les buildings n’ont pas d’intérêts architecturaux particuliers, mais il n’y a aussi que très peu d’architectures malheureuses.
Au niveau de la rue, les empires du luxe de Bernard Arnault et de François Pinault occupent l’espace. Toutes les marques sont là et il semblerait que les Japonais les apprécient.
Nous nous rendons vers un marché aux poissons recommandé par tous les guides de voyage. Il fait très chaud au soleil et celui-ci est déjà très haut dans le ciel, ici il fait jour à 4h30 du matin et nuit à 19h30. Quand cela est possible, nous marchons à l’ombre. Dans ce quartier tout en hauteur et clinquant, nous arrivons dans un village vieillot et charmant.
Un bloc d’une dizaine de ruelles plutôt étroites compose le marché que nous cherchions. Il est 10h00 du matin et pourtant une foule de touristes japonais et internationaux est là pour déguster des mets appétissants venus de la mer. Les échoppes ont l’air d’être autant des restaurants de rue que des vendeurs de gros. Il est trop tôt pour moi pour avoir envie de sushis ou de sashimis mais je pense que si j’avais mis le nez dedans je me serais régalé quand même. Nous Bidulons en arpentant ces rues. Beaucoup de boutiques proposent des pattes de crabes royaux, c’est énorme. Nous nous laissons tenter par des coquilles Saint Jacques qu’une dame cuit au chalumeau avec du beurre et de la sauce soja (1000 yens – 5€), on mange cet amuse-gueule sur un coin de son comptoir, c’est très bon.
On fait quelques photos de plus et on retourne dans le centre au cœur des buildings. Nous avons un dernier Godzilla à voir. Il y a des Godzillas partout. On le trouve au dessus de la sortie d’un parking. On cherche l’ombre mais suivant que nous prenons une rue ou une avenue, il n’y en a pas du tout. Le quartier est minéral, les arbres sont presque inexistants. En sortant du métro le matin, nous sommes tombés sur 3 fumoirs presque côte à côte dont un pas trop désagréable, nous apprécierions d’en croiser un maintenant mais non, pas l’ombre d’un parking ni d’un jardin d’enfants. De temps en temps il y a des brumisateurs dans la rue, c’est agréable. Nous allons voir un monument important qui n’a pour seul intérêt que d’être l’unique bâtiment à être resté debout dans le quartier à la fin de la guerre. Romuald dit que dans tous les films de Godzilla, c’est le premier bâtiment que le monstre approche. Godzilla c’est le méchant américain qui détruit le Japon avec sa bombe atomique.
Nous avons ensuite visité la galerie Ceysson et Bénétière. Ils viennent d’ouvrir à Tokyo. Nous connaissons déjà la galerie de Lyon et Saint-Etienne, celle de New-York, nous étions content de découvrir celle là. C’était l’artiste Peter Halley qui était présenté avec des tableaux plutôt pop en abstraction géométrique, qui ne l’est pas vraiment. On voit dans ces œuvres des fenêtres, à chacun d’imaginer sur quoi elles ouvrent. On est reçu comme des princes par une jeune Française qui nous fait la visite des lieux jusqu’au Show room où se trouve un très beau Franck Stella ainsi qu’un pneu de Wim Delvoye qui fera, nous dit-elle, l’exposition suivante. Nous passons même dans la réserve où elle nous montre des dessins de Haley qui n’étaient pas accrochés ainsi qu’une autre pièce de Delvoye. Chez Ceysson, c’est toujours comme ça et ça fait du bien.
Nous quittons Ginza pour Tokyo. C’est la ville où se trouve le Palais impérial. Nous cherchons la vieille gare pour y faire des photos et nous espérons atteindre les jardins impériaux ce qui s’avèrera impossible. L’empereur ne partage pas ses arbres. Il fait très chaud, il n’y a pas d’ombre, pas plus qu’un jardin d’enfants pour fumer. On achète régulièrement de l’eau dans les distributeurs de rue.
La balade jusqu’à notre dernière destination de la journée ne restera pas dans les annales. Nous marchons un peu moins d’une heure au milieu d’immeubles sans vie et sans charme sous le soleil.
L’approche d’Akihabara redonne de l’espoir. Les boutiques réapparaissent ainsi que les restaurants. Il y a un peu plus de monde dans les rues et nous trouvons un parking discret pour cloper à l’ombre.
Cette ville est la ville des technologies. Il y a d’immenses centres commerciaux dédiés à l’électronique, aux jeux vidéos et à tout le merchandising qui va autour. Tokyo est la ville où les geeks du monde entier se retrouvent dirait-on. Romuald avait vu que la zone était réputée pour ses ramens, nous nous mettons en quête d’un restaurant à ramens. Dans une rue isolée nous en trouvons un, mais comme souvent à Tokyo (c’est la ville des technologies), il faut passer commande à la machine. Notre niveau en japonais est faible et savoir dire bonjour, merci, au revoir et sushi constitue un vocabulaire trop faible pour faire une commande dans un restaurant à ramens face à une machine qui ne comprend pas la langue des signes. Une hôtesse est bien heureusement à la porte et face à notre désarroi nous tend une carte papier avec des photos pour que nous puissions choisir notre plat. Elle nous aide ensuite à commander et à payer à la machine et nous nous installons comme souvent ici au comptoir qui fait tout le tour de la cuisine. Un QR code devant nous nous donne des indications sur ce que nous allons manger et surtout sur comment il faut le manger. Le ramen arrive en deux parties, d’un coté un bol de grosses nouilles de blé froides et de l’autre un bol de bouillon avec des tranches de porc, un œuf mollé et des champignons. Le concept est de prendre les nouilles et de les tremper dans le bouillon avant de les manger. Nous n’avons pas la dextérité des Japonais avec le maniement des baguettes mais on s’en tire pas si mal et ici, manger en faisant du bruit est plutôt un signe positif pour la cuisine. Ce qui est déroutant, c’est le silence qui règne ici. La disposition des clients côte à côte serait chez nous l’opportunité de discuter avec notre voisin, ici non. J’ai remarqué la même chose dans les fumoirs, l’incongruité de ces lieux serait un premier pont à la discussion dans un pays latin, ici non.
Après avoir marché 5mn pour trouver un endroit fumeur, nous avons grimpé dans un commerce de sept ou huit étages pour regarder les prix des polaroïds car le nôtre est mort. Ils sont plus chers qu’en France, nous reviendrons en France sans polaroïd.
Nous avons rejoint notre logement avec un métro express, j’ai pu terminer le texte inachevé le matin et l’envoyer aux copains du zèbre. J’ai appelé maman (qui me lit : Bisous maman !) et nous sommes sortis boire un coup dans un bar décoré dans le trash et le film d’horreur avant de rentrer chez nous manger un sandwich et nous coucher à 22h30 comme des grands-pères en devenir.
Ce matin nous partons à Takasaki, faire les valises n’était pas une mince affaire. Nous avons fait un peu de shopping. Heureusement que Romuald est magicien.
Nous prenons le train dans une heure, il faut que je m’agite.




