Romuald&PJ au Japon – Jour 26
J-4, le compteur tourne… C’est moins excitant que le J-4 du mois de juin. Ce matin je parle à mon téléphone pour vous écrire, j’ai laissé l’ordinateur à Takasaki, il est beaucoup trop lourd et comme mon clavier est cassé, j’ai mon clavier externe gigantesque qui ne rentre pas dans le sac à dos. Dans un sens c’est assez commode, mais je passe quand même ma vie à corriger cette satanée machine qui n’a pas l’air très à l’aise avec l’accent du midi.
Faute d’avoir ma petite terrasse, je me suis posé sur le porche de l’hôtel dans la rue, après être allé me chercher un petit café au konbini, qui est juste à côté et qui est ouvert 24 heures sur 24.
Comme je sais que vous êtes tous suspendus à mon état de santé, je vous confirme que je vais beaucoup mieux, je tousse encore un petit peu, mais tout va bien. Hier nous partions à Nagano. J’avais réservé une chambre d’hôtel il y a quelques jours, nous pouvions y rentrer à 15h. Pour nous y rendre, nous avions réservé des billets avec le Shinkanzen, le TGV japonais qui relie les deux villes en moins d’une heure.
Nous avions toute la matinée, moi pour écrire et Romuald pour décrocher l’exposition.
Romuald est une machine tant pour l’accrochage que pour le décrochage et en moins de deux, tout était au sol et prêt à être emballé. Comme il est ingénieux, il a fabriqué des petites caisses avec du carton pour que toutes les photos et les dessins soient bien empaquetés dans la valise. Le bagage supplémentaire que nous avons acheté, il y a quelques jours, n’est pas superflu, il est déjà plein comme un œuf et je continue à douter que nous réussissions à tout rentrer dans la deuxième valise. Ce dont je ne doute pas, c’est que nous allons bien rigoler à trimbaler tout ça pour rentrer à Lyon.
Romuald est un pro du Tétris, c’est grâce à ce talent qu’il a réussi à faire rentrer tous ces objets dans notre appartement caluirard (je crois qu’on touche à la limite de ses capacités à ce jour), alors pour lui, faire une valise est jeu d’enfant.
Quand nous avons réservé nos billets de train, nous avons vu que les choses se faisaient en plusieurs temps. Nous avons d’abord reçu un mail de confirmation, puis un deuxième e-mail qui nous renvoyaient vers un site pour récupérer des QR codes. C’est encore Romuald qui s’est occupé de tout ça, pour ma part, la technologie des toilettes a déjà pris toute mon énergie. Romuald a dû faire tout un tas de recherches pour savoir ce que nous devions faire avec ces QR codes. Bref, comme tout cela nous semblait bien compliqué, nous nous sommes dit que nous allions aller à la gare très en avance et manger autour de celle-ci après avoir récupéré nos billets.
Nous avons pris le train vers 11h30 à la gare de Tikatakasaki. Les recherches de Romuald ont porté leurs fruits car ça n’a pas été bien compliqué de récupérer nos billets de train. Nous nous sommes mis à la recherche d’un restaurant, mais nous sommes allés sûrement dans le mauvais sens car il n’y avait rien du tout autour de la gare dans le quartier où nous sommes allés. Nous n’étions pas trop chargé mais Bidule est toujours très encombrant, le premier lieu où nous sommes rentrés avait l’air très sympathique, mais la grosse tête de Monsieur Bidule ne pouvait pas y rentrer. Nous nous sommes rabattus sur une sorte de fast-food où de nombreux travailleurs venaient se restaurer pendant leur pause. Nous avons mangé un bol de riz avec de la viande et une soupe miso. C’était bon, pas délicieux mais c’était vraiment très économique. Comme nous avions beaucoup d’avance, nous avons traîné à table très longtemps. Nous avons décidé d’aller faire un petit tour dans le centre commercial qui est juste à côté de la gare et l’heure de prendre le train est arrivée.
Le Shinkanzen est un très joli train à grande vitesse. Il a une forme très différente du TGV français, mais ce qui nous a particulièrement interpellé c’est la taille de ses hublots, on dirait des hublots d’avion. Le train qui arrive devant nous est flambant neuf. Nous avons à peine le temps d’être assis que le train est déjà parti, nouvelle surprise moins d’une minute après le départ, il a déjà atteint une vitesse qui nous semble très élevée.
À la différence du TGV français, nous allons faire le trajet quasiment uniquement en grande vitesse. Ce qui est un peu décevant, c’est que les 130 ou 140 km qui nous séparent de Nagano ont été faits exclusivement dans un tunnel. Nous n’avons aperçu le paysage que très furtivement de temps en temps en rentrant dans les gares. Arrivés à Nagano, nous marchons vers l’hôtel que nous rejoignons en une vingtaine de minutes.
Nous laissons nos chaussures à l’entrée de l’hôtel et appuyons sur une sonnette pour faire venir un vieux monsieur.
Avec cinq mots d’anglais et beaucoup de japonais, nous faisons le check in. Il nous montre la salle du petit déjeuner ainsi que le sento. Nous comprendrons, quelques minutes plus tard en rentrant dans la chambre, que de sento est aussi notre salle de bain. On ne peut pas faire plus typique et plus spartiate, la chambre est un grand tatami avec deux lits en futon et une petite table. La fenêtre, très traditionnelle est une imitation des fenêtres avec les vitres en papier de riz. C’est très exotique. En ouvrant les placards Romuald trouve des kimonos, on se dit qu’on va pouvoir faire des photos terribles avec Monsieur Bidule dans ce décor.
Nous ne traînons pas trop et prenons le chemin du centre historique de Nagano. Le plan d’urbanisme de la ville est à l’image de toutes les autres villes du pays semble-t-il. Il y a des grands ensembles d’immeubles à côté de petites maisons individuelles, le tout dans une architecture très libre, voire anarchique.

Nous marchons une dizaine de minutes avant de rejoindre un espace un peu plus animé. Le centre vivant de Nagano n’a pas l’air bien grand., nous marchons vers le temple Zenkō-Ji qui est le principal monument de la ville. Nous marchons dans une rue très large, bordé, de boutiques, de souvenirs au fond en aperçoit la très grande porte du temple. Romuald achète un sticker à l’effigie de la mascotte de Nagano pour la caisse à Bidule et un magnet pour le frigo de sa maman. Nous Bidulons, le paysage s’y prête. La ville est vallonnée et entourée de montagnes. Nous faisons des photos dans le parc qui entoure le temple. Nous nous arrêtons plusieurs fois sur des bancs pour profiter de la quiétude des lieux. Ensuite, nous marchons quelques minutes pour rejoindre le parc qui entoure le musée d’art contemporain que nous visiterons demain matin. Il y a de nombreuses sculptures qui font l’objet de photos assez drôles avec Monsieur Bidule. En arrivant nous avons vu une fontaine avec des jets d’eau. Nous nous approchons d’elle, mais la fontaine ne semble pas vouloir se mettre en marche. Il y a deux gosses qui jouent à se faire peur, en attendant que l’eau arrive, mais comme elle n’arrive jamais nous finissons par partir et nous continuons notre balade dans le parc et trouvons de nouvelles sculptures. Au soleil couchant, c’est l’heure de trouver un bistrot où nous pourrons nous sustenter et boire un verre. Nous faisons la recherche sur Google Maps et constatons que tous les lieux où l’on peut boire et manger sont concentrés autour de notre hôtel. Nous marchons une bonne demi-heure tranquillement en profitant du paysage et en faisant des photos.
Le soleil rasant donne des lumières très intéressantes. Il semblerait que notre quartier soit aussi le quartier des Love hôtels et des bars à hôtesses. Encore une fois partout dans le monde, cet endroit serait un coupe gorge mais pas au Japon. Trouver un lieu ouvert n’est pas une mince affaire, mais nous finissons par trouver. Bien évidemment la carte est en japonais pour la boisson c’est facile mais pour le manger ça devient beaucoup plus compliqué. Une serveuse nous apporte une carte en anglais. Alors qu’il faut plusieurs feuilles pour la carte japonais la carte en anglais tient en moins d’une feuille A4. Sur la carte il est écrit quelque chose du genre : « Si vous voulez d’autres produits traduisez-vous vous-même la carte ». Nous mangeons très bien et décidons de changer de crémerie. Nous rentrons dans un petit bistro, mais la patronne se met à hurler en nous voyant rentrer en nous demandant si nous parlions japonais. Comme ce n’est pas le cas, elle nous a pas très gentiment demandé de rebrousser chemin. Ce n’étais pas bien grave, nous étions un peu fatigués, nous avons pris quelque chose à boire au konbini du coin, sommes rentrés dans notre chambre d’hôtel. Après avoir siroter notre verre avec Romuald, nous avons enfilé nos kimonos pour aller au sento de l’hôtel. Je me sentais un peu ridicule dans cet accoutrement, mais il faut reconnaître qu’on est très à l’aise là-dedans.
Bien que ce soit tout petit, le rituel est exactement le même que dans les grands onsens. Il y a un sas où on déshabille. Et ensuite la salle avec le bain où on trouve les petits robinets et les pommeaux de douche avec le petit tabouret et la petite bassine. J’espère que ce soir nous pourrons faire des photos avec Monsieur Bidule dans cet espace. Après nous être soigneusement lavés, nous commençons la cuisson dans l’eau chaude du bain. Nous n’y restons pas très longtemps. Nous débriefons notre journée avec Romuald, je ne traîne pas pour me mettre au lit et je m’endors très vite aussi. Je me réveille une première fois vers 4h30 mais je décide de me rendormir au moins une heure de plus. Ce matin nous allons voir le musée Hokusai qui a passé les 15 dernières années de sa vie à Nagano. Monsieur Bidule restera à l’hôtel. Nous viendrons le rechercher pour passer l’après-midi avec lui.
Pour en savoir plus sur Romuald&PJ vous pouvez visiter notre site : Website de Romuald&PJ



