Romuald&PJ au Japon – Jour 23
La clim a définitivement eu raison de moi. Ma goutte au nez s’est transformée en crève. Je n’ai pas de fièvre mais j’ai la tête comme une coucourde et le nez terriblement bouché. Je commence l’écriture maintenant alors que nous venons d’ouvrir l’exposition à 14h30. Ce matin j’étais beaucoup trop embrumé.
La journée d’hier était plus ou moins libre, l’expo était totalement en place nous n’avions comme obligation que d’aller acheter une valise car nous allons revenir chargés comme des mules et d’aller au Bic Camera pour récupérer le dixième calendrier qui manquait à notre édition car la machine était tombée en panne la première fois.
Je me suis mis à l’écriture plus tôt que la veille et vers 9h30 du matin comme d’habitude la charge de mon ordinateur m’obligeait à me mettre en pause. Nous avons donc décidé de partir à la recherche de la valise.
Il semblerait que nous soyons vernis sur ce voyage, car en plus de bénéficier d’un change Euro/Yen très à notre avantage, la compagnie Japan Airlines avec laquelle nous voyageons permet d’avoir deux bagages de 23kg en soute, même en classe économique. De retour des Etats-Unis, la même chose nous avait couté plus de 80€.
A quelques arrêts de bus du Palais, il y a un très grand magasin d’objets d’occasion. Ce n’est pas Emmaüs, tout y est soigneusement rangé et certains produits comme notre valise sont probablement neufs. J’imagine qu’ils récupèrent des vieux stocks ou rachètent des produits après des liquidations. C’est très grand et on y trouve de tout. De la vaisselle, du linge de maison, des vêtements, des bijoux, des instruments de musique, des clubs de golf, des sacs Vuitton ou des valises. Nous nous promenons un peu et choisissons rapidement l’objet de nos désirs. Mais le prochain bus pour rentrer étant presque ¾ d’heure plus tard, nous flânons ici longtemps au frais plutôt que dans la fournaise extérieure. Il y avait un robot ménager autonome qui faisait son travail. C’était très drôle mais aussi un peu flippant. Ils avaient collé des yeux à la machine et ça donnait une drôle d’impression quand il venait vers nous. Si on est sur son passage, il fonce tout droit et s’arrête avant le crash et si on bouge pas, il nous contourne.
Bref, nous avons fini par sortir pour aller prendre le bus avec notre belle valise orange. On va en chier pour rentrer à Lyon avec deux valises énormes, nos sacs à dos et la caisse à Bidule. En partant début juillet de l’appartement on s’était dit que pour une fois, on voyageait plutôt léger, encore raté.
La veille en nous séparant, Frédéric nous avait dit que nous mangions séparément ce midi, mais au moment de prendre le bus, il avait changé d’avis et nous demandait si nous voulions aller au restaurant. On ne dit jamais non, les brochettes qui étaient au Frigo pouvaient attendre un jour de plus.
Il nous rejoint au Palais en voiture et nous amène dans un restaurant de Soba. C’est un plat composé d’un bol de bouillon avec des nouilles de farine de sarrasin, avec un bol de riz et des trucs dedans. Moi j’ai pris du bœuf mais je suis incapable de dire quel morceau c’était ni même de confirmer que c’était du bœuf. Je peux juste dire que ce n’était pas du poisson. Il y a aussi quelques légumes en saumure. Comme toujours, c’est super bon et très abordable.
Nous revenons au palais fignoler des trucs et Frédéric nous dépose en ville pour aller au magasin de photo. Le calendrier est prêt quand nous le demandons et rebroussons chemin vers la gare pour prendre un train pour rentrer chez nous. Le prochain train part dans beaucoup trop longtemps alors on se tourne vers le bus.
Le train est plus pratique car il n’y a qu’un seul arrêt et c’est très rapide et en plus c’est un peu moins cher. Le défaut c’est que comme c’est une sorte de train de banlieue et pas un métro, il n’y a pas une fréquence extraordinaire.
En rentrant au Palais, on fait une petite sieste. On s’était donné rendez vous vers 19h30 à la gare de Takasaki pour aller déguster du Saké. On se retrouve et quand on arrive dans l’échoppe au Saké, il n’y a pas de table libre et on repart en arrière. On se demande ce qu’on va manger. On mange tout le temps ici. Frédéric propose les fameux spaghettis de Takasaki mais Romuald s’y oppose, ça fait trop de nouilles dans la journée. On décide donc d’aller à « L’université de la tripe ».
La saucée que nous n’avions pas eue la veille nous tombe dessus. On réussit à s’abriter sous un porche. C’est le déluge. Romuald et moi avons un parapluie mais pas Frédéric. Comme la pluie ne cesse pas, je partage le parapluie et nous allons à la fac de la bidoche.
L’université de la tripe est un restaurant où comme presque partout au Japon, on peut manger au comptoir comme sur des tables. Nous prenons une table. Ici j’ai l’impression que manger à plus de 4 personnes n’est pas très usuel. C’est souvent des tables de quatre avec peu ou pas du tout d’options pour agrandir. Le concept du restaurant est de griller soi même la viande que l’on commande. C’était diététique comme repas, on a grillé des tripes, de la peau de poulet, du cochon mariné et deux sortes de viandes de bœuf. En légumes, c’était des feuilles de chou blanc crues que l’on mange telles quelles en y ajoutant de la pâte de miso et de la mayonnaise. Tout est bon. On parle d’art et de politique française et on se dit qu’à gauche on n’est pas bien doué.
On a fini la soirée au Howwhat, on s’est chamaillé gentiment en parlant philosophie, le client farfelu et rigolo était là, on a eu droit à nos câlins et il a dit à Frédéric que sa philosophie à lui c’était de bien manger. J’aime de plus en plus ce monsieur.
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