Romuald&PJ au Japon – Jour 21
Il est 8h22 et je commence à peine à écrire. J’ai procrastiné, il fait déjà très chaud et j’ai déjà commencé à déplacer mon bureau sur la terrasse pour fuir le soleil.
Hier, c’était le jour de lessive. A la différence d’aujourd’hui j’ai commencé à écrire dès le réveil vers 6h00. À 9h00 j’y étais encore mais je tenais le bon bout. Grace à Google Map, nous connaissons les horaires des bus et l’emplacement des arrêts, c’est très commode car tout est écrit en japonais et mis à par « bonjour », « merci », « au revoir » et « gin soda » on manque de vocabulaire pour comprendre.
De toute manière, même en utilisant uniquement le traitement de texte, mon vieux Macbook ne tient pas plus de 3h30 en autonomie. J’ai donc cessé l’écriture pour terminer la chronique en rentrant.
De 9h30 à 16h00, ce sont les heures les plus chaudes de la journée. Une fois nos sacs à dos remplis de linges sales et moi douché, nous arrivons sous un soleil fracassant à l’arrêt et le bus arrive très vite. S’il ne faisait pas aussi chaud, nous pourrions faire le trajet à pied qui prendrait moins d’une demi-heure. Mais il fait chaud, très chaud.
Les Japonais ont inventé une carte de paiement très pratique qui sert pour presque tout. C’est une carte virtuelle gratuite qui fonctionne avec Apple ou Google Pay que l’on recharge à coup de 5000 yens maximum (25€ environ) pour une commission de 0,25€ à La banque Postale. On peut payer avec elle dans de nombreux commerces et restaurants, dans certains supermarchés et dans les kombinis. Là où elle est la plus indispensable, c’est dans les transports en commun. Déjà en France quand on change de ville, prendre des tickets peut s’avérer compliqué tant les ingénieurs et informaticiens qui fabriquent les automates ont l’esprit tordu, alors imaginez-nous au Japon devant une machine. Bref, grâce à la carte SUICA, nous bipons à l’entrée du métro, du bus ou du train et nous re-bipons à la sortie et le tour est joué.
Quelques minutes plus tard, nous descendons du bus. Ici, on reste assis dans le bus tant que la porte n’est pas ouverte. Nous marchons une dizaine de minutes pour rejoindre la laverie automatique. Rester quelques instants au soleil pour traverser la route est un supplice. Nous nous cachons parfois derrière l’ombre d’un poteau électrique. Les machines à laver sont énormes, nous avons 5Kg de linge à laver et la plus petite est faite pour 10Kg. Les machines font double emploi et sèchent le linge après l’avoir lavé. C’est très commode. Pour 1000 yens seulement (5€) nous lançons le lavage.
Pour l’expo de samedi, il nous faut une petite étagère afin d’exposer les darumas-Bidule. Nous avons un magasin de bricolage juste à côté, nous partons en quête d’une planche et d’équerres. C’est une grosse enseigne, l’outillage et toute sorte de matériel sont dans un espace et la menuiserie se trouve dans un autre, à côté. Nous trouvons les équerres et les payons et passons de l’autre côté. On regarde les planches, on en voit des très jolies et un peu chères (bien que rien ne nous semble cher ici) mais pas au format désiré. On tourne dans le magasin. On fini par choisir un modèle et on part à la caisse pour payer. Là, la caissière nous parle avec insistance. Nous n’y comprenons rien et nous finissons par sortir le téléphone afin d’avoir une traduction. Elle nous propose de couper la planche à la bonne dimension. Romuald écrit sur un petit papier « 120cm » et la dame nous envoie vers un monsieur qui va s’occuper de nous. Cet homme est très sympathique mais c’est un ancêtre, il est courbé et marche comme certains de mes résidents au travail. Quand nous sortons de là avec Romuald nous nous demandons si cet homme travaille par nécessité ou parce qu’il considère que s’arrêter de travailler signifierait s’arrêter de vivre.
Il fait très chaud quand nous sortons et avant d’aller acheter de l’eau fraiche dans une machine, nous allons voir l’avancée de notre lessive.
Nous avons encore du temps, nous buvons. J’ai épuisé mon « sent bon sous les bras », il y a une boutique à côté qui vend n’importe quoi. Il y a du petit mobilier, de la papèterie, des chips et du « sent bon sous les bras ». Il nous faut aussi du produit vaisselle. Grâce à l’IA qui traduit les emballages, nous achetons le détergeant. Trouver du déo était plus fastidieux, mais avec de la persévérance, on arrive à tout.
La lessive se termine mais le linge n’est pas totalement sec. Avec le taux d’humidité que nous avons, si on part avec du linge humide, il n’aura toujours pas séché quand nous serons dans l’avion pour rentrer la semaine prochaine. Les sèche-linges sont aussi au format XXL, pour 100 yens on lance 8 minutes de séchage chaleur standard. Ça suffit, on plie, on range dans les sacs et on voit qu’on a un bus que nous ne devrions pas trop attendre. L’arrêt est à l’ombre, si je croyais en Dieu je le remercierais.
Nous avions le reste des brochettes du restaurant de la veille et un reste de bento avec du porc panné et aussi un reste de riz blanc. En condiments nous avons du wasabi et cette espèce de moutarde japonaise qui allait avec les brochettes. Nous achevons tout ça sauf le wasabi.
Après manger, Romuald va faire une courte sieste pendant que je m’excite au tarot. Frédéric venait nous chercher vers 13h30. Quand il arrive, il monte avec Romuald pour faire du rush dans l’atelier pour sa vidéo, il me dit qu’il n’a pas besoin de moi car je suis partout avec Bidule. Ensuite, nous prenons la voiture pour aller dans un parc d’attraction ouvert mais vide de gens. La chaleur est à la limite du supportable. Je pense que la température réelle ne dépasse pas les 35°, mais on a l’impression d’être dans un four à la place du gigot un dimanche de Pâques.
Nous faisons une pause dans un espace, là aussi presque désert, avec des machines à sous et des jeux d’arcade. Il n’y a personne pour surveiller les lieux et Frédéric nous explique qu’ici pour fermer, l’électricité est coupée à minuit et ça se rallume le matin.
Après ça, nous allons voir un temple abandonné où se trouvent deux immense pins, centenaire pour l’un et bicentenaire pour l’autre. C’est impressionnant. Chacun d’eux ont un immense tronc et ils ont été taillés de manière à raser le sol, il faut se courber pour passer dessous.
Nous reprenons la route vers le parc. Isesaki est une localité étrange très étendue et dépourvue de centre ville. Il y des zones commerciales, industrielles et d’habitations qui se succèdent. Le parc d’attraction est petit mais avec des manèges qui semblent neufs ou, pour le moins, bien entretenus. Il y a un (très) grand huit, une (très) grande roue et d’autres manèges. Nous devons être 10 personnes à nous promener ici. La plupart des attractions sont ouvertes mais personne n’est là pour monter dessus. Frédéric nous dit que chaque ville a voulu son parc d’attraction et que par conséquent ils sont tous vides. Nous faisons des photos avec Bidule et ce paysage fantomatique lui va bien. Nous décidons de monter dans la grande roue. Elle est vraiment très haute et j’ai eu le vertige. Au début je fermais les yeux mais chaque fois que je les entrouvrais, je sentais la panique venir. J’ai fini par enfiler Bidule et attendre que ça passe. Pas facile la vie d’artiste.
Nous avons continué la promenade avec Bidule dans un parc municipal attenant à un temple et son cimetière. Le thème du parc était les insectes. Nous avons bidulé avec des coccinelles, des scarabées géants et des pinces-oreilles. Après une pause à boire de l’eau et fumer une clope, nous sommes allés nous baigner au onsen. C’est toujours aussi cool. Depuis que je sais qu’on peut s’y raser, je le fais là-bas c’est super commode.
Après ça nous sommes allés manger dans un restaurant à sushis tenus par des personnes très agées dans une zone commerciale où le restaurant était le dernier commerce. J’ai eu des doutes sur la fraicheur du poisson frais alors j’ai mangé des tempuras. Romuald a mangé les sushis et il à l’air d’aller bien ce matin.
Frédéric a appelé Yoshiko pour voir si elle voulait prendre un dernier verre avec nous. Elle a dit oui et nous sommes passés la prendre en voiture. Il s’est mis à tomber des cordes et cela a cessé une fois que nous étions garés. On a bu un coup au Canoe’s Bar où nous étions passés il y a quelques jours. Nous sommes accueillis comme des princes (faudrait pas qu’on y prenne goût) et un type au bar nous approche et tout en parlant avec Frédéric mime la tête à Bidule. La chanson Kawaï de la performance est l’événement du mois à Takasaki grâce à sa diffusion sur Instagram. Où que nous allions, tout le monde parle de ça.
Il fait très chaud. J’ai le nez qui commence à moucher. Putain de clim.
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