Romuald&PJ au Japon – Jour 17
« Je suis pur, je suis blanc, je suis pur comme du riz blanc ». C’est ce qu’a dit un type corrompu jusqu’à la moelle pour se défendre devant les juges. Nous évoquions la question de la corruption au Japon et je disais que nous Français, n’avions pas de leçons à donner à quiconque.
Je n’ai pas hâte de revenir dans un pays où les deux-tiers de l’Assemblée nationale a été condamnée pénalement et où nous nous apprêtons à donner les codes nucléaires à une délinquante qui n’aura même pas purgé sa peine si elle entre au Palais. Je n’ai pas hâte de revenir dans un pays où un certain Duplomb, membre actif du plus gros syndicat agricole, peut en toute légalité faire adopter des lois sur mesure pour faire passer son propre profit au détriment du bien être de tous. Je n’ai pas hâte de revenir dans un pays où le défenseur des droits est un homme qui a passé sa vie entière à les pourfendre.
J’entends ici et là : « Si le RN passe, je m’en vais », le problème c’est où ? L’herbe n’est jamais plus verte ailleurs. Il faut que j’arrête de regarder les infos.
Ce matin la pluie a cessé, le ciel est voilé mais le soleil tape déjà sur ma joue droite, il va falloir très probablement que je déménage mon petit bureau d’un mètre et demi vers la droite pour que le muret qui nous sépare de la maison voisine me protège. Nous avons dormi sous la couverture en éponge, c’était très agréable.
Hier, Romuald a plié le programme de création, nous allons sortir ce matin pour acheter des feuilles à dessin, il faut l’occuper mon Romumu.
Cet après-midi nous partons faire une nouvelle matsuri et ce soir il restera 4 jours de création dans l’atelier, le 5ème sera réservé à l’accrochage et samedi prochain nous inaugurons. L’expo sera visible les deux jours du Week-end.
Hier, nous avons réservé une piaule pour les deux nuits qui suivront l’expo à Nagano. C’est à un peu plus d’une heure d’ici. Quand je l’ai annoncé à Frédéric en espérant qu’il ne se vexe pas d’avoir pris cette initiative, il nous a répondu non sans malice, que cela lui fera des vacances.
Il ne s’est rien passé de spécial dans la matinée mais l’après sieste était plus agitée.
Nous avions rendez-vous au Howwhat à 17h car il y avait une après-midi festive, le bar était ouvert de 16h à 20h. Nous sommes arrivés peu avant Frédéric. Notre arrivée dans le bar est de plus en plus drôle, nous avons droit à des embrassades de presque toute la clientèle (des deux sexes) du bistrot. Le monsieur excentrique qui était déjà là hier nous donne deux petits carrés de papier d’1 cm² environ avec un coup de tampon dessus. Nous ne comprenons pas ce que c’est mais nous le remercions et nous rangeons le truc dans nos poches. Quand Frédéric arrive, nous lui montrons le tampon pour qu’il déchiffre les idéogrammes et qu’il nous dise ce que ce cadeau signifie. Il n’en sait rien si ce n’est que la première partie du tampon est un signe de négativité… Mystère. Quand il y a un DJ invité, le premier verre est à 1000 Yen et les suivants coutent 600 Yens (le prix normal), l’artiste perçoit 400 Yens par client. Ce n’est pas lourd.
Quand je commande la deuxième tournée et que je m’apprête à payer, Fuji dit des trucs à Frédéric et nous comprenons que le tampon est une consommation gratuite offerte par le monsieur rigolo.
Frédéric est venu avec les flyers pour l’exposition. Ils sont classes ! Bien que nôtre hôte nous confirme que toutes ces embrassades et attentions soient le signe que nous avons acquis le statut naissant de stars locales, il nous prévient que cela ne laisse que peu de place à l’espérance d’avoir plus de 10 personnes qui viendront voir notre travail dans l’expo.
Takasaki est une ville moyenne mais le réseau du Howwhat est un petit monde dans la ville. Avec Instagram, il n’y a pas que la petite dizaine de personne présentes à avoir vu Monsieur Bidule en slip, c’est tout cet univers d’artistes (pour la plupart DJs ou/et organisateurs de soirées) qui connaissent notre projet.
Nous sommes sortis faire un saut dans une boutique de fringues vintage toute proche du bar pour y laisser des flyers. Il y a des trucs super mais c’est pas dans nos prix.
Nous revenons au Howwhat et un peu avant 20h00 nous partons vers un bar gay que nous avons repéré en nous promenant. Nous avions préalablement regardé sur Google ce qu’en disaient les clients et tout le monde s’accordait à dire que c’était un lieu sympa. Il est dans le quartier des hôtesses (mouarf) et des love hôtels. Là où partout ailleurs dans le monde, ces endroits respirent l’insécurité étroitement liée au glauque, ici il n’y a que le glauque. Le bar est dans une petite rue. Frédéric nous invite à rentrer en premier. Je pousse la porte et la patronne ainsi que les 3 personnes au comptoir nous observent avec étonnement dans un premier temps mais de suite nous sommes accueillis avec des rires prononcés et la maîtresse des lieux se plie en quatre pour nous proposer quelque chose à boire. Nous prenons une liqueur à la cardamome mélangée a du soda. C’est bon. Nous discutons (les trois Français) à notre table mais très rapidement on nous demande ce que nous faisons là. Frédéric parle japonais et explique notre présence ici. Je distribue des cartes de visite et la conversation se fait comme d’habitude entre l’anglais et le téléphone. Je montre des photos de bidule sur Instagram et le teaser de la performance TIKTAK TIKATAKASAKI. Ils se bidonnent. Puis un des clients à la bonne idée de prendre un jeu de cartes pour jouer à un jeu à boire des shooters. La règle paraît simple, chacun tire une carte et c’est la plus petite qui boit. Nous échappons tout les trois à la boisson à la première partie. On recommence et ça se gâte pour moi d’autant qu’une carte blanche et un jocker ont été tirés, ils commencent à réinventer les règles en rigolant et il semble que je doivent en boire trois. Je proteste en rigolant et je n’en bois qu’un. Avant de recommencer les règles changent à nouveau, ce n’est plus la plus petite qui perd mais la plus grande. Romu et moi perdons avec deux valets.
Avant de finir carpette, je décide d’aller fumer dehors. Deux des trois clients me suivent alors qu’ils ne fument pas, c’est pour discuter. Nous échangeons avec le téléphone, j’explique que je ne peux pas continuer à boire comme ça car il faut que je sois capable de travailler ce matin, ils me posent des questions sur notre perception du Japon et avant de rentrer on me dit que je suis « merveilleux », il faut se méfier de la traduction, le japonais est plein de nuances dans sa langue, mais dans tous les cas c’est très gentil.
Après avoir terminé notre cardamome nous payons et sortons pour manger, il est temps d’ingurgiter du solide. Frédéric nous prévient que l’endroit où nous allons est plus cher que d’habitude. Nous y partageons une petite salade froide de courgettes, un plat d’aubergines piquantes et délicieusement préparées et une grosse tranche de poulet pané là aussi extra.
Je regarde et je filme la télévision qui est allumée sur un programme de chanteurs pop Japonais, le niveau de chorégraphie est incroyable mais c’est surtout le modèle de l’expression de la masculinité ici qui me sidère.
On nous a donné des condiments dont une pâte de miso délicieuse. Le japon est plein de saveurs. C’est effectivement plus cher que d’habitude, nous passons de 1000 yens à 3000 yens donc 15€. On va pleurer quand on va rentrer en France.
Nous terminons la tournée dans un bar beaucoup plus grand que ceux que nous trouvons habituellement, Frédéric continue de faire l’article et comme le patron parle anglais, Romuald fera aussi la conversation.
Nous avions commencé à 17H, il était minuit quand nous sommes revenus au Palais des paris.
Il est 10h00 du matin, j’ai déplacé mon bureau 3 fois pour échapper au soleil le temps d’écrire ce récit.
Pour en savoir plus sur Romuald&PJ vous pouvez visiter notre site : Website de Romuald&PJ





