CHRONIQUES DE VOYAGES DE PJ – JOUR 13 et 14 – #BIDULEJAPAN2026

Romuald&PJ au Japon 2026 – Jours 13 et 14

Je manque de photos sur le jour 13 alors pour que la lecture soit plus douce, je mets des images du 14 qui illustreront de manière un peu cavalière mon propos.

Si cela peut vous rassurer, nous avons passé deux jours à Takasaki où les températures nippones frôlaient celles de l’hexagone. Notre chambre a une climatisation qui fait plus de bruit que de froid, nous ne l’allumons pas. L’atelier lui est « climé ». Nous ne sommes pas des fans du procédé, alors quand Romuald travaille le matin, elle reste éteinte et les fenêtres sont ouvertes mais si c’est aux heures les plus chaudes de l’après-midi, il faut bien reconnaître que cette technologie est bien commode.

À Takasaki comme à Tokyo, le climat à cette saison est chaud mais également très humide. Ce matin l’application météo donne un taux d’humidité à 70% mais nous sommes montés à plus de 90%. Cette chaleur moite n’est pas pour nous déplaire. Par ailleurs, il y a toujours de l’air qui circule quand ce n’est pas un vent léger. Dans les bus, trains et commerces les climatisations tournent à plein régime mais jamais au point d’avoir froid comme nous avons pu le vivre aux Etats-Unis.

Pour les quelques jours qui arrivent ils annoncent de la pluie et des températures douces oscillant entre 23 et 30 degrés.

Je tiens à faire un petit erratum sur les propos que j’ai fait tenir à notre hôte Frédéric. Il y a quelques jours, je vous parlais d’une notion de second degré inexistante ici selon lui. Il se défend de l’avoir présenté comme cela, en étant beaucoup plus nuancé, d’une part mais surtout en mettant en avant un écart de perception entre nos deux univers sociaux plutôt qu’une absence. J’y reviendrai un peu plus tard et le résultat de la performance avec Bidule hier prouve qu’il a totalement raison.

Je ne suis pas un chroniqueur sur Cnews, je ne dis pas de mensonges mais la réalité que je peux décrire est forcément subjective.

Hier nous performions avec Monsieur Bidule et j’ai séché mon texte quotidien. Nous ne sommes pas sur les pentes de la Croix-Rousse et nous n’avons pas à nos côtés, tout ce monde bienveillant, collectionneurs ou non, qui nous expriment leur soutien quand nous nous produisons en assistant à nos expositions et/ou performances. Faire venir du monde à Takasaki était un défi et nous avons usé de tous les outils à disposition pour y arriver.

Depuis 3 jours, notre activité ici est axée sur l’exposition de restitution de résidence qui se fera le 25 juillet au Palais de Paris, sur la préparation de la performance d’hier et sur le travail de promotion de celle ci.

Pour l’expo, Romuald avance très vite, il s’est fait un planning de travail et semble être en avance. De mon côté, cette performance est le fruit d’un accouchement long et semé de doutes. Nous travaillons dessus… Non, nous pensons à elle depuis des mois mais rien de très convaincant ne venait à nous. Nous sommes partis de Lyon avec rien à présenter. Nous avions même pensé à prendre les accessoires de la performance « C’est du toc » faite à Lyon pour l’expo « All Naked » à l’Onyx au cas où on ne trouve rien de bien à faire. Nous ne sommes pas pour autant partis désespérés car nous savions que le plongeon dans le grand bain à la sortie de l’avion allait nous donner des pistes de réflexion. Cela a bien fonctionné.

Avant-hier, c’était le jour de la lessive. Une fois ma chronique terminée nous avons chargé les sacs à dos de linge sale et nous sommes partis à pieds à la laverie automatique. Par curiosité on a regardé si on pouvait s’éviter la randonnée sous cette chaleur écrasante et c’était le cas. Un bus passait dans la minute. Pour 1000 Yens (5€ environ) nous pouvions laver et sécher notre linge (détergeant inclus) tout cela en une heure. Nous étions dans une zone commerciale avec entre autres un immense magasin de bricolage vers lequel nous sommes allés après avoir sans trop de difficultés lancé notre machine à laver.

Le premier rayon en rentrant était un rayon de chaussures. Toutes les grandes marques y étaient représentées et les prix plutôt abordables. J’étais sur le point de me laisser tenter quand je me suis rendu compte que toutes ces pompes étaient en fait des chaussures de sécurité. Je ne savais pas que Pumas, Adidas ou New Balance faisaient des chaussures de sécurité trop classes.

Je me suis passé de chaussures mais le problème que nous allons rencontrer plusieurs fois dans cette heure d’attente, c’est que quand on rentre dans un magasin on multiplie les chances d’acheter quelque chose. Il y avait un rayon slips et chaussettes de marques à petit prix, nous renouvelons alors notre collection de sous vêtements. Après être revenus vers notre machine à laver pour constater qu’on a encore une demi-heure devant nous, nous entrons dans une jardinerie qui s’avère vendre également des valises, de la papeterie, un peu d’alimentaire et des tas d’autres trucs. Nous prenons des feuilles de papier à dessin et aussi deux T-shirts qui probablement, feront notre tenue de vernissage à Lyon quand nous présenterons le travail réalisé ici.

La Coopérative du Zèbre va nous manquer pour bien des choses et cela sera la première fois en 10 ans que notre retour de voyage avec Bidule ne se fera pas là-bas. Le temps de griller une cigarette et de boire une bouteille d’eau, notre lessive est faite. Nous plions consciencieusement notre linge parce qu’avec nos emplettes, nos sacs à dos deviennent étroits. Nous attendons au soleil un bus pour le chemin du retour. Une fois au Palais, Romuald vide mon sac et je repars vers le supermarché pour acheter à manger. N’ayant pas eu la présence d’esprit de lui demander ce dont il avait envie, je lui envoie un message et il me répond : « pas de sushis ni de sashimis », les grands esprits se rencontrent, nous nous en sommes gavés ces derniers jours et je n’avais pas l’intention d’en prendre.

J’ai peut-être déjà abordé ce sujet mais le rayon traiteur du supermarché fait rêver. Tout est appétissant et à des tarifs plus que raisonnables. J’essais juste de savoir (et ce n’est pas toujours évident) si je prends de la viande ou du poisson, mais la plupart du temps je ne sais pas trop ce que j’achète. À ce jour je n’ai jamais été déçu. Au Palais nous avons un « rice cooker », c’est un appareil que je possède aussi à Lyon (c’est un cadeau de PACS). J’avoue un certain désarroi quand notre ami NONO nous avait offert ça mais il faut reconnaître que c’est un instrument génial qui permet de cuire le riz de manière parfaite. Ici on mange tout à la baguette, pour cela le riz doit être un peu gluant. Romuald est allé dormir mais pas moi.

 

J’avais la trame de la performance, mais je n’étais toujours pas au point. L’idée était de partir sur quelque chose de très conceptuel et de dériver vers l’absurde. Pour cela, j’enfilerai 3 slips pailletés de gogo dancer que j’enlèverai façon strip-tease le long de la performance. Je commencerai par sortir de ma loge (les toilettes) et Romuald accompagnera Bidule sur scène. Là Romuald me badigeonnera le corps de maquillage doré sur une musique d’ascenseur. La première chanson que j’ai qualifiée de « didactique » sonnera ensuite. J’ai choisi d’orienter l’IA sur une musique calme, au début je voulais une chanson parlée du genre slam « Grand corps malade » un truc bien chiant quoi, mais l’IA me pondait des trucs qui commençaient bien mais se terminaient en « Julio Iglesias » ça n’allait pas. J’ai opté pour un thème lounge style Ibiza en 2004. Suivrait la traduction de « I don’t want to kill Beyonce » et enfin la chanson « Kawai » intitulée Tikatakasaki du nom de la gare de train par laquelle nous sommes arrivés au palais de Paris.

La nudité est prohibée ici mais aussi l’exhibition des poils pubiens.

Le poil est un sujet que nous abordons beaucoup avec Romuald car au Japon, on en voit très peu. J’ai connu des gens imberbes mais ce peuple presque exclusivement brun dénué de poil nous étonne beaucoup. En ayant pratiqué les bains publics et les onsens, nous avons vu des jambes et des fesses de tout âge sans l’ombre d’une quelconque pilosité.

Bref, comme ce n’est pas mon cas, la question du départage entre mes poils pubiens et les poils qui grimpent sur mon nombril serait une notion épineuse pour des juges.

Par contre, au niveau de mon faux strip-tease, il fallait que je ne termine pas à poil.

C’était l’après midi, Romuald travaillait après sa sieste à l’atelier et je l’ai rejoins pour faire mes essaies. Malgré la clim, il faisait chaud. J’enfile mes 3 slips de façon à avoir d’abord le slip noir, puis l’argenté pour finir sur le slip en or sur la chanson « Kawai ».

Je lance mes chansons et je fais un filage de la perf. Romuald semble bidonné, c’est bon signe mais de mon coté, porter Bidule plus de 10 minutes d’affilée avec cette chaleur est difficile. Je termine mon filage en nage et le souffle court. Romuald me rassure en me faisant remarquer que le bistrot est bien « climé ».

Le soir, nous sommes allé faire l’article au Howwhat. Nous avions déjà fait ça la veille et dans les deux cas, nous sommes rentré tard.

D’où le fait que je ne me suis pas levé hier matin et que mon temps réservé à l’écriture était passée.

Le lunch du midi au japon esr particulièrement bon

J’ai à peine eu le temps de boire un café et de prendre une douche que Frédéric arrivait au Palais pour installer un lit pour Laure qui venait faire une performance sonore le soir même avec nous. De nôtre côté nous étions sur le point de partir vers le centre ville pour acheter les 8 Darumas qui nous manquaient pour terminer l’édition et aussi imprimer des photos de Bidule à Tokyo. Frédéric nous a proposé d’aller manger quelque part dans un restaurant. On dit toujours oui aux propositions de Frédéric car il connaît des lieux géniaux et pas chers où nous hésiterions à rentrer tout seul de peur de ne pas savoir quoi manger. Nous avons mangé à la japonaise sur des tatamis assis par terre, de la viande de porc panée avec une salade de radis blanc (je crois), du riz et des petites bouchées d’une salade qui pourrait faire penser à une macédoine. Pour boire nous avons bu du thé au blé froid.

 

Après avoir mangé, nous sommes partis en train à Takasaki centre. Nous avons acquis nos darumas, et nous nous sommes dirigés vers le magasin de photos. Nous faisons les tirages de Tokyo sur une machine automatique. La machine propose de fabriquer des calendriers. Ça m’intrigue et je regarde les tarifs. C’est peut-être l’opportunité de produire une petite édition vendable à petit prix. Nous lançons la commande. Ce qui aurait du pendre 20mn nous a pris une grosse heure. La vendeuse était désolée. Il semblerait qu’ils aient eu un problème technique, sur les 10 nous n’en avons que 9, nous irons chercher le dixième la semaine prochaine.

Nous sommes rentrés au Palais, Romuald a dormi moi je me suis fait suer au sens propre mais j’ai quand même un peu reposé.

Laure est arrivée avec Frédéric, elle occupait l’atelier pour la nuit. Peu avant 19h00, nous avons rejoint le HowWhat pour faire des essaies de son.

Laure fait de la musique expérimentale, de la noise. Elle est adorable et le courant passe de suite.Laure Federiconi fais sa tournée de musique noise au Japon

Nous savions que cela ne serait pas la foule, mais nous ne savions pas si ça serait le bide absolu ou non. Vers 20h00 un premier DJ local prend les platines, suivi d’un autre à 21h00. Les sets étaient très bons. À 22h00 Laure fait une performance très forte qui à mon grand étonnement était très sensible malgré la dissonance des bruits qu’elle produisait et vers 22h40 c’était mon tour.

La perf était réussie et la dizaine de personnes présentes nous ont témoignés leur approbation. Vous verrez des vidéos dès qu’on aura fait le montage. Romuald tente de mettre un extrait sur Facebook mais la wifi foire.

Après ça on a bu un coup avec le public, et j’ai passé un bon moment avec une fille très drôle avec qui je communiquais grâce au téléphone qui m’a en premier lieu interpelé sur la bosse de mon slip. Nous n’avions pas encore sorti les téléphones et j’ai mis du temps à comprendre sa question qu’elle posait sans aucune gène tout en montrant très clairement mon sexe. Elle m’a posé des tas de questions très pertinentes et elle a conclu notre bavardage en me disant que le public présent avait tout à fait saisi notre propos.

On est rentrés vers minuit et demi et on n’a pas trainé.

Pour en savoir plus sur Romuald&PJ vous pouvez visiter notre site : Website de Romuald&PJ