Si dans les plantations, les rythmes Yoruba se sont ouverts aux instruments européens et aux structures des Mazurkas , des Polkas, pour germer en une formidable pluralité de musiques afro-américaines, afro-colombiennes, afro-cubaines, afro-caribéennes, afro-brésiliennes, qui ont à leur tour déferlé en vagues serrées sur le monde, il fallait bien qu’elles arrivent chez nous, à Lyon, au pied de la X-Rousse, et même précisément, rue Désirée, la charnière entre deux mondes, la rotule qui articule les pentes et Hôtel de Ville.
C’est là qu’on retrouve Bruno Bassan et sa Casa Do Bruno, en 2013, pour ce projet Monocolo, où il laisse ses racines italiennes et espagnoles infuser dans tout ce que sa formation de percussionniste, ses voyages, son apprentissage des langues et des cultes lui ont appris des musiques afro-descendantes.
En la matière, depuis 30 ans, Bruno Bassan est de tous les bons coups à Lyon, capitale mondiale de la « sono mondiale » (c’est la patronne de Radio Nova qui nous a dit ça, on n’oserait pas…). Musiques cubaines, maloya réunionnais, samba, salsa, rien ne résiste à ses doigts de percussionniste qui savent les liens entre les tambours et les dieux, ni à sa voix espagnole, mais pas toujours, comme ici, parce que ce mec est un pont. Si ses percussions relient les hommes aux dieux, lui sait relier les humains entre eux.
D’ailleurs il se murmure que depuis sa récente prestation au Péristyle (programmation James Stewart, on le confesse), à 75m de la rue Désirée, en ce début d’été 2026, le taux de fécondité a recommencé à monter en France. Le concert était tellement chaud que les scientifiques étudient son rôle dans l’été particulièrement caniculaire que nous traversons. Si vous ne connaissez pas encore, allez vite le découvrir sur scène.
