Qui es-tu
pour que ton nom vienne
brisé par les voitures qui filent
le long de l’East Side Drive
chancelant depuis les fleurs des murs de béton
quand je passe
Desi alias Joe alias Smoky
l’amant de la 115ème rue ?
Il n’y avait rien de furtif dans les spirales
des luminescences néon magenta
où tes empreintes digitales dansent encore
en Soi idéaux
était-ce ton rêve
le plus précieux
quand tu regardais par dessus ton épaule
pendant que tu écrivais
la première lettre
fleurie
aiguisée comme un point d’interrogation ?
Mais il n’y a rien du tout
par-dessus ton épaule
à part mes yeux sur une file de voitures
me demandant
si tu écrivais depuis les caniveau
de sorte que l’orage menaçant autour de nous
ne te balaie pas.
Il n’y a vraiment tien de furtif
dans tes griffonnages magenta
mais j’ai vu la sueur brillante
courir sur ton visage d’enfance
quand tu as jeté un oeil derrière toi
choisissant ce mur sous un pont
où tant d’autres ont écrit
avant
que les couleurs se fondent en mosaïque ensoleillée
visage sans nom
déclamant une autoroute
à même la berge de Manhattan.
Traduction : Marc Uhry
[Retrouvez ici toutes nos traductions de la poésie d’Audre Lorde]