#14 Oodegeroo Noonuccal – Un chant d’espoir

Oodegeroo Noonuccal (Kath Walker, 1920-1996) ,  est une grande figure de la poésie aborigène et du mouvement australien des droits civiques .

Lève les yeux, mon peuple,
L’aube perce
Le monde se réveille
A un tout nouveau jour
Où personne ne nous déshonore
Aucune restriction ne nous apprivoise
Aucune couleur ne nous fait honte
Ni ricanement dédaigneux.

Ne Ruminez plus désormais
Sur les années derrière nous
L’espoir vous enjoint
Que le passé soit remplacé
Où une justice plus juste
Dépliée sage et plus forte
Ne traque plus jamais fatalement[1]

Une race plus sombre.

Si longtemps nous avons attendu
Entravés et frustrés
Jusqu’à ce que la haine soit haïe
Et la caste déposée
Maintenant que la lumière nous guide
Qu’aucun but ne nous soit refusé
Et toutes portes ouvertes
Qui furent longtemps fermées.

Vois l’ordinaire promesse
Sombre amant de la liberté !
La nuit commence à s’estomper
Et aussi longue soit l’escalade
Des droits nouveaux nous récompenseront
Des nouvelles fraternité nous rencontreront
Et la joie nous accomplira
Dans notre nouveau Temps du Rêve.

Aux pères de nos pères
La douleur, le chagrin
Aux enfants de nos enfants
Les lendemains heureux.

 

[1] En Anglais, l’autrice utilise le terme « pointing bone », qui réfère à une méthode traditionnelle de traque et de mise à mort par les Kurdaitcha (pieds de plume), des Shaman du peuple Arrentne, d’Australie centrale. Dans les cultures aborigènes, il n’existe pas de mort naturelle : toute mort est liée à une esprit, une malédiction, parfois à l’initiative d’une personne malveillante. Le Kurdaïtcha enquête à travers divers signes pour découvrir le coupable, parfois durant plusieurs années, et lorsque celui-ci est identifié, il peut le tuer à travers cette technique du « pointing bone », qui ne laisse aucune chance et aucune trace.