Est-il possible d’être un pianiste exceptionnel et ne considérer la musique que comme un moyen ? Un moyen de la transmission, donc du lien. Un moyen de la lutte collective et de l’émancipation. Un moyen du soin et de rétablissement individuel …
Est-il possible de jouer avec les plus grands, dans le si complexe hard-bop, avec Donald Byrd, Art Blakey, Jackie Mc Lean et de consacrer toute sa vie à enseigner la musique aux pauvres de Harlem, pour qu’ils puissent mettre du beurre dans les épinards, aux sans-abri pour qu’ils se considèrent mieux, développer tout un travail d’éducation populaire et d’organisation communautaire et de ne prendre le temps d’enregistrer qu’un disque, un seul album, génial, mythique, en 1975, avant de repartir enseigner la musique, 7 instruments différents, dans les lycées et les centres sociaux de sa ville natale de Buffalo, dans le propre lycée où on a étudié ?
Un seul album, parce que transmettre, partager, révéler, accompagner, réparer, c’est tellement plus important que la petite satisfaction narcissique de s’exprimer. Parce que laisser une trace dans le cœur des gens, c’est tellement plus important que de laisser une trace dans le vinyle ou dans les livres d’histoire.
Mesdames et messieurs, chapeau bas devant l’immense Billy Gault.
James Stewart & Marc Uhry
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