Ils appellent ça la MPB. La Musique Populaire Brésilienne. Le terme est apparu au milieu des années 1960, quand les musiciens ont voulu revendiquer et exhumer leurs attaches populaires, sans rester prisonniers des carcans musicaux. La Musique Populaire Brésilienne, c’est tout ce qui n’est pas de la Samba, pas du Foro, pas de la Bossa Nova, mais qui est indubitablement brésilien, pas du rock, donc, pas du rap, pas du folk, mais qui flirte un peu avec tout cela.
La MPB est une abeille qui butine de ci de là et produit un miel mille-fleurs, au goût pourtant unique et inimitable. Tous ces chanteurs, toutes ces chanteuses ne se ressemblent pas, et pourtant, on sent immédiatement le fil qui les relie. Qu’on adore ou qu’elle nous insupporte, on la reconnait entre mille.
Djavan est une des grandes figures de la MPB et il n’y a pas grand chose à en dire : il a 77 ans, il est né et a grandi à Maceio, au nord. Il paraît que la plage y est incroyable et que l’accent local est beau. Djavan a appris la guitare seul, en autodidacte, à l’adolescence, il pensait devenir footballeur, mais finalement, il a monté un groupe, est parti à Rio de Janeiro à 25 ans, où il a rapidement pu se faire connaître, enregistrer passer à la télé, gagner des concours, jouer avec Stevie Wonder, a été inteprété par Al Jarreau, Chico Buarque.
Qu’en dire de plus ? On ne sait même pas si elle était vraie, la rumeur de sa liaison avec Gal Costa, après un titre aussi langoureux que celui de Bradley Cooper et Lady Gaga.
Mais ce n’est pas parce qu’il y a peu à dire du bonhomme, qu’il y a peu à écouter. Et parmi ses 28 albums, ses dizaines de collaborations, il y a tellement, il y a toute la forêt, tous les fleuves, toutes les plages, toutes les douleurs, les villages et les banlieues, les amours et les douleurs. On peut se baigner dans son chant, et on peut s’y sécher.
James Stewart & Marc Uhry
