Terry Callier-Johnny be gay sur l’album « The new folk sound of Terry Callier », 1968 Prestige records
En voici une de chanson, qu’il aurait mieux fait de rentrer dans sa bouche et ne jamais recracher.
Puisée dans le folklore afro-américain, cette comptine invite à prendre la lumière tant qu’il est temps et se réjouir de ce qu’on peut, car le diable est au coin de la rue, qui emporte ta femme pour ton grand soulagement, mais pourrait bien te la ramener et qu’elle ne te trouve alors pas à paresser au lit. Enregistré à 23 ans, cette alerte aux occasion manquées sera la prophétie de sa vie.
C’est l’histoire de Terry Callier, un génie oublié dans sa lampe.
Tout commence en 1945, dans le quartier nord de Chicago, berceau du blues urbain. Terry Callier grandit sans encombre, dans la musique, avec son copain d’école Curtis Mayfield. Il joue du piano, puis de la guitare. Dès ses années de collégien, il fait quelques billets en jouant dans les cafés et les folk clubs.
A 16 ans, il passe une audition chez Chess Records, qui lui permettra d’enregistrer son premier single, en 1962. Très influencé à cette époque par John Coltrane, dont une prestation l’a assommé au point de le faire hésiter à arrêter la musique, il commence à se produire, notamment en duo avec David Crosby.
Il rencontre Samuel Charters, de Prestige Records, qui lui permet d’enregistrer en 1965 son premier album « The New Folk Sound of Terry Callier », dont est tiré l’extrait proposé aujourd’hui, qui est un album éblouissant. Mais pour la première fois que le génie reste enfermé dans sa lampe : Samuel Charters part mystérieusement avec les bandes dans le désert mexicain et il ne sort pas l’album, qui sera finalement édité près de 4 ans plus tard, par Prestige Records, en 1968, sans même que Terry Callier en soit informé.
Après ce rendez-vous manqué, il continue à jouer à Chicago et alentour, toujours impliqué dans des projets collectifs précaires comme le Chicago Songwriters Workshop, travailant à la pige, pour Chess records, jusqu’à ce qu’une de ses propositions cartonne (« The love we had stays on my mind » pour The Dells), ce qui lui a valu la possibilité de sortir coup sur coup trois albums : Occasional Rain (19722), le légendaire What Color is Love (1972), I just Can’t Help Myself (1973). Mais le génie a toujours du mal à sortir de sa lampe et malgré des critiques enthousiastes, les albums aux influences soul, funk, jazz, psychédélique, sont des échecs commerciaux. Le succès d’estime lui permet quand-même de tourner avec les figures de proue de la scène musicale afro-émricaine de l’époque, comme George Benson et Gil Scot-Heron.
Changement de maison de disque, Callier signe chez Elektra, pour deux nouveaux albums, en 1977 et 1978, qui seront encore deux flops, jusqu’à ce que le titre « Sign Of The Times » soit choisi comme générique d’une émission de radio populaire : cette chanson sera la seule de Terry Callier à entrer dans les charts. Enfin, 78ème au classement R&B de 1979, ce n’est pas non plus la folie… Et quand Elektra a commencé à travailler avec Stevie Wonder l’année suivante, le label a lâché Callier.
Il a continué à tourner un peu, puis en 1983, lorsqu’il a obtenu la garde de sa fille, il s’est mis en retrait de la musique et s’est formé comme programmateur informatique et a commencé à étudier la sociologie en cours du soir.
Ce n’est qu’à la fin des années 80, que des jeunes DJ de Acid Jazz Records ont commencé à exhumer certains de ses morceaux, et au début des années 1990, Callier a recommencé à jouer des temps en temps, pendant ses congés d’informaticien, avant un vrai come back, en enregistrant avec Urban Species, sur leur EP « Religion and Politics. »
Callier quitte son boulot d’informaticien à la facc et se relance, prolixe, avec 6 nouveaux albums entre 1999 et 2005. Encore une fois, aucun ne rencontrera vraiment le succès.
Il contracte un cancer de la gorge et après une longue lutte avec la maladie, Callier meurt le 27 octobre 2012, à l’âge de 67 ans.
There was an old man lived over the hill
Oh, Johnny, be gay
There was an old man lived over the hill
If he ain’t moved away, he’s a-livin’ there still
Johnny, be gay if you can be
The devil come up to the old man one day
Oh, Johnny, be gay
The devil come up to the old man one day
And he says, « Your old lady I’m takin’ away. »
Johnny, be gay if you can be
« Well, take her, please take her with all o’ my heart
Oh, yeah, you can have her with all o’ my heart
I hope to my soul you two never part. »
Johnny, be gay if you can be
The devil he packed her up on his back
Oh, Johnny, be gay
The devil he packed her up on his back
Straight down the hill he went clickety-clack
Johnny, be gay if you can be
Well, ten little devils said, « Welcome to hell. »
Oh, Johnny, be gay
Yeah, ten little devils said, « Welcome to hell
« Pa, turn up the fire; we’ll sizzle her well. »
Johnny, be gay if you can be
She caught four little devils, out playin’ tricks
Oh, Johnny be gay
She caught four little devils, out playin’ tricks
She’d bound ’em up tightly and beat ’em with sticks
Johnny, be gay if you can be
Well, six scared little devils, they run down the hall
Oh, Johnny be gay
Hmm, six little devils they run down the hall
Cryin’, « Take her back, daddy, she’s killin’ us all »
Johnny, be gay if you can be
Oh, then Devil he flung her up on his back
Oh, Johnny be gay
Then Devil he flung her up on his back
Straight out o’ hell he come, clickety-clack
Johnny, be gay if you can be
She found her ol’ man layin’ late in his bed
Oh, Johnny be gay
‘Nd she found her ol’ man layin’ late in his bed
‘Nd she’d picked up a butter knife, went to his head
Johnny, be gay if you can be
The old woman went whistlin’ over the hill
Oh, Johnny be gay
The old woman went whistlin’ over the hill
« When Devil won’t have me, I wonder who will? »
Johnny, be gay if you can be
Johnny, be gay if you can be
Johnny, be gay if you can be
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