Nous chanterons sans conter notre temps
Nous danserons le cœur contre la terre
Nous cartographierons le A à Z de notre voyage épique déployée de la vie complètement femme
Nous composerons des vers immortels en louanges vivantes aux Matriotes de Mères Afrique
Les Matriotes de Mère Afrique
Nefertiti, la légendaire beauté pareille à la gazelle, grenier de culture dont le règne superbe pleuvait d’étoiles étincelantes
Les Matriotes de Mère Afrique
Hatshepsut, la grande architecte politique qui a artistiquement gravé le plateau du développement
humain quand l’Europe dormait encore
Les Matriotes de Mère Afrique
Cléopâtre, commandeuse de forces matriotiques stratège de l’insondable art de la guerre dont même William ne peut secouer ou piquer[2] la statue
Les Matriotes de Mère Afrique
Anne Nzinga, fière, fille d’Etat de la reine inconquise Matamba du Ndongo, suprême abolitionniste qui a gravé les hymnes de libération au travers des collines et des vallées d’Angola.
Les Matriotes de Mère Afrique
Harriet Tubman, artiste oraison du foyer Africain guerilla inattrapée des chemins de fer souterrains dont les pieds sans fatigue ou creusé les corridors de la liberté du sud au nord.
Les Matriotes de Mère Afrique
Jane Lewis, détonateur des donjons américains de l’esclavage qui a bricolé des routes au travers des eaux fâchées de l’Ohia, manoeuvrant les bateau de secours à esclaves sous l’œil esclavagiste réprobateur.
Les Matriotes de Mère Afrique
Mary Prince, fille sans peur de la terre persistante d’Afrique qui a craché sur le virulent nègre de maison bouffeur de miettes, dont le culte brûle à chaque trait de plume les champs caribéens ravagés par les esclaves.
Les Matriotes de Mère Afrique
Mary Seacole, Africaine de la graine immortelle des marrons Jamaïcain, dont la vision femelle à dévoilé tous les mythes masculins de la chevalerie pressant les sœurs à piloter leur histoirE pour viser des hauteurs nouvelles.
Les Matriotes de Mère Afrique
Gertrude Gomez de Avellanda de Cuba la défiante, la révolutionnaire qui composé un poème choral féministe retentissant dilué depuis qu’il a été braqué par les plagiaires et les faussaires du texte féministe.
Les Matriotes de Mère Afrique
Sojouner Truth, tremblement de terre qui a secoué les piliers du racisme et du sexisme
Mary C. Terrell, éducatrice, activiste des droits des femmes
Ida B. Wells, journaliste activiste, source de conscience libératrice
Les Matriotes de Mère Afrique
Ranee Harper, poétesse et oratrices des mélodieuses pièces anti-sclavagistes
Lucy Parson, soleil inatteignable de la vie de combat de la classe ouvrière noire
Ella Baker, tisserande des réseaux de terrain des lutte pour les droits civiques
Les Matriotes de Mère Afrique
Fannie Lou I Lamer, resistante devant la vision de qui le Mississipi tremblait
Audrey Jeffers, clairon des sœurs d’Afrique pour combattre les agressions raciales
Amy Ashwood Garvey, féministe pan-afracinaiste qui a défait les chaînes de la féminité
Les Matriotes de Mère Afrique
Mary McLeod Bethune, cœur battant des tambours de guerre africains pour la liberté
Clara McBride, « Mother Hale », symbole ultime de la maternité Afrikana
La Reine Mère Moore, Audley de Louisiane, colonne vertébrale des combats africains
Les Matriotes de Mère Afrique
Les Vaillantes Femmes, dont l’esprit combatif a été un puissant rempart défensif
encerclant l’Afrique, liant impertinemment l’est à l’ouest, le nord au sud
Yaa Asantewa Mihayra Bint Aboud, Queen Aminata, Mamfengu, Ma Rarabe
Les Matriotes de Mère Afrique
Les sœurs qui ont relevé la garde, fortifié le mur de résistance galante
Nyakasikana Mbuya Nehanda de l’immortelle réserve de combativité Munhumutapa
Me Katilili wa Menza, fille du Kenya, oratrice, mobilisatrice indépassée
Les Matriotes de Mère Afrique
Rosa Parks, qui a assis la dignité sur un trône dont aucun bigot raciste de peut la relever
Mary Muthoni Nyanjiru qui a réinitialisé le volcan vacillant des travailleurs
Muthoni wa Kirima, dernière Maréchale de l’armée Mau Mau de la terre libre
Les Matriotes de Mère Afrique
Les Matriotes de Mères Afrique se lèveront avec le pouvoir sismique
des femmes Aba
des femmes Abeokuta
des femmes Maji Maji
des femmes Ihejua Kali
Elles se lèveront avec la furie rugissant
des femmes en grève des chemins de fer de Dakar
des femmes de la campagne de défiance
et des femmes Black Panther
Elles se lèveront avec la puissance balayante des femmes combattantes de Mère Afrique
Nos matriotes se lèveront sûrement avec le salut aux armes du Chimurenga final ramassant le molotoqui avait raté la cible que le dernier Chimurenga alentour visait avec la précision des femmes Chimurenga africaines
de Haïti et de Cuba
d’Algérie et du Kenya
du Monzambique et d’Angola
de Guinée Bissau et de Namibie
du Zimbabwe et d’Afrique du Sud.
Elles exploseront les mythes carcéraux de l’histoire impérialiste
Elles allumeront des flammes éternelles de visions libératrices
Elle sculpteront pertinemment le A et le Z de notre impliable pèlerinage
à travers l’histoirE
à travers la vie
à travers l’être
Les Matriotes de Mère Afrique
Lorsque nous surmontons une attaque du business inachevé de l’inventaire historique
Nous devrions commencer par dynamiter les silences glaciaux qui paralysent actuellement nos vies de femmes.
Nous devrions raconter notre histoirE avec un E, la dramatiser et l’illustrer aux couleurs de l’arc-en-ciel.
Nous verserons des libations honorant les nommables, in-nomables et à nommer Matriotes de Mère Afrique
Nous chanterons sans compter le temps
Nous danserons nos cœurs contre la terre
Nous festoierons de visions nourricières, visions nourricières de vie complètement femme, à travers l’histoirE complètement femme
Nous cartographierons le A et le Z de notre voyage épique déployé des combats complètement femmes
Nous composerons des vers immortels en louange vivante aux matriotes de Mère Afrique
Les Matriotes de Mère Afrique
[1] Mugo utilise le terme herstory, version féminisée du mot history (story signifiant histoire au sens de raconter une histoire, his signiant le sien et her signifiant la sienne) . En changeant une seule voyelle, Mugo dénonce l’écriture masculine de l’Histoire et invite à une réécriture féminine.
[2] Jeu de mot intraduisible : Shake-speare : Shake (secouer) or Spear (piquer d’une lance)
Traduction : Marc Uhry