62# Atlantide Merlat – Intranquillité

Atlantide Merlat (France, née en 1979)

Inrranquillité

Bars ballants

Sous mes fenêtres les badauds se vident par la gorge

Je fais tourner mes seins derrière les carreaux

Tu as voulu voir ce que j’avais dans le ventre

Ça aussi tu l’as pris

Comme ma gueule dans ta chevalière

Ce n’est pas ta peur qui me manque

C’est la mienne

Les muscles à nu c’est difficile

L’enfance immergée sous des paumes de mains

Vous croyez que je vous écoute derrière les cloisons

Vous êtes les cloisons

L’enfer brûle

Prise dans une station de lavage

Chevilles ouvertes

Les roses et les bleus sont à l’intérieur

Corps disparu

Assis couché debout

Le scotch sur le judas laisse passer les rampants

Nous ne sommes pas au-dessus

Avale

Je vis dans une chambre

Le siphon mange mes spaghettis

Je pourrais mettre mes pouces dans vos yeux

Vous n’avez pas d’yeux

Des pigeons picorent ma boite carnée

Les ondes n’y changent rien

L’enfer brule déjà

Tu as voulu voir ce que j’avais dans la tête

Ça aussi tu l’as pris

Je vis dans une chambre trop près d’un évier

Le siphon mange mes cheveux

Laisse-moi vivre dans une autre pièce que tout dedans

Mes pensées se dissipent dans le bruissement des feuilles

Mes paupières s’allongent sur mes yeux sans repos

Je suis folle

Je peux vous cracher dessus sans dommage

– – – – –

Unquietness

Empty arms

Below my window onlookers leak through their throat

I circle my breasts behind the glass tiles

You wanted to see what’s in my guts

That too you took

As my face in your anklet

It’s not your fear I miss

It’s mine

Bare muscles it’s difficult

Childhood submerged under hand palms

You think I listen to you behind partitions

You are the partitions

Hell burns

Taken in a car wash

Ankles opened

Roses and blue bruises are inside

Body vanished

Sit lay down stand

Tape on the peephole let crawlings pass through

We are not above

Swallow

I live in a room

The siphon is eating my spaghettis

I could inlay my thumbs in your eyes

You don’t have eyes

pigeons peck at my meat box

Waves don’t change anything

Hell alreay burns

You wanted to see what’s in my head

That too you took

I live ine room too close from the sink

The siphon is eating my hair

Let me live in another room than all inside

My thoughts dissipate in the rustling of leaves

My eyelidd grow over my restless eyes

I am crazy

I can spit on you without any trouble