#56 – Gombovaj Mend-Oyoo : la mélodie des pierres



Gombovaj Mend-Oyoo, pillier de la poésie mongole, né en 1942, a publié une quarantaine de recueils.

La mélodie des pierres
(la mélodie premiére)
Dorées par le soleil brumeux qui caresse l’urne rituelle
Les eaux de bonne fortune arrosent l’air.
Parmi les larmes et la souffrance, c’est une bénédiction.
Et combien des pièces d’argent sont ici au creux des eaux vivantes ?
Et les pierres sont-elles rares sur la sables vastes d’Ongon(1) ?
Des insectes escaladent ces pierres de chance.
Ils enlèvent les pierres, excitent les chevaux
Et le fouet du père éclate comme l’éclair et le tonnerre.
« As-tu volé nos pierres de chance ?
Invoque le Bouddha et demande son pardon !
Garde les oreilles ouvertes, le courant est fort !
Emmenez la mélodie, appelez-là ! »
Le flot de vaillance brillante s’évanouit,
Les voix effrayées de ses chevaux fauves.
Ils rentrent la tête où les deux vieux se tiennent,
Il regrettent leur peu de compréhension du monde.
Cette journée éblouissante déplace le compromis des jeux,
L’éclaboussure fait marche arrière.
Restituant toutes les pierres, je répare mes erreurs
La mélodie des dons arrive en gargouillant.