#18 – Mahvash Sabet – Souviens-toi de moi

Mahvash Sabet, Iran, née en 1953, enseignante,  parmi les 7 leaders informels de la minorité religieuse Baha’i (un syncrétisme de toutes les religions environnantes, Islam, Christianisme, Judaïsme, Boudhisme, Zoroastrisme). Arrêtée en 2008, elle a été condamnée à 20 ans de prison, ramenés à 10 ans, libérés, puis réincarcérée depuis 2022.

S’il t’arrive de te sentir captive, comme un oiseau
Si tu te sens acculée comme un étranger épuisé
Si tu te vois perdue sans chemin devant toi
Pensant à ta maison avec joie mais sans routr qui y mène
Souviens-toi de moi

Si ta coupe de vin est vidée d’amour
Si ton printemps est amputé du parfum des fleurs
Si tes joues sont mouillées de chagrin solitaire
Quand tu cours à travers les vallées d’ensauvagement
Souviens-toi de moi

Si un ami joue de la musique poyr soulager ton coeur
Plumer la morosité au loin dans un plaintif espoir
Si ta peine s’apaise quand tu lèves les mains
Pour supplier cette porte d’écrou de s’ouvrir
Souviens-toi de moi

Si la brise du matin t’apporte des messages d’amour
Et d’espoirs de réunions douces ;
Si des êtres chers apaisent ton coeur brûlant
Souviens toi de moi, qui sanglote ici seule.

Ô servants de cette éruption sacrée
De Celui-là auréolé de grâce céleste
Ô attentif à ses ordres, et essence de la compassion qui foule la poussière devant le visage bien-aimé de ce roi !
Souviens-toi de moi, qui suis le néant sans toi
Une colombine sans rien où s’accrocher d’autre que toi,
Une suppliante à tes pieds, dépendante de toi
Dont la vie même ne dépend que de toi.
Tu es l’esprit et moi le corps seulement
Et nous sommes désormais unis et intacts, une seule rime
Tu es l’essence du monde, moi son frêle symbole –
Hypnotisé par ta beauté, amoureuse de ton doux nom
Regarde-moi, inaliénée, réjouie en ce talisman
Souviens-toi de moi, bienheureuse à la seule pensée de ton nom
Viens à moi, emplis mon âme, quelle que soit ma vie
Donne-moi le signal et je donnerai ma vie pour toi
Combien entre tes mains sont lumineux les rênes de mon souffle
Avec quelle douceur tes mélodies étanchent ma soif
Combien de chansons d’amour as-tu écrites pour arrondir mon chagrin
Combien tu as enduré cette souffrance !

Alors apporte moi de bonnes nouvelles
Pour mes yeux à jamais fixés sur cette porte.

Traduction : Marc Uhry