Chroniques de voyages de PJ – Prologue et jour 1 – #BiduleJapan2026

Romuald&PJ au Japon 2026 – Prologue et Jour 1

Aujourd’hui maman n’est pas morte. Une chance, on part au Japon. Nous avons bien expliqué à nos mamans que si elles pouvaient éviter cette mauvaise blague entre le 1er et le 31 juillet, ça nous arrangerait substantiellement.

L’âge avançant, il n’est pas rare qu’elles évoquent l’après. Moi, je n’imagine pas ma vie sans maman et sans papa. Alors les « quand je serais morte » m’agacent un peu et m’angoissent beaucoup.

C’est promis, la suite sera moins lugubre mais j’ai encore des petites choses à dire sur le sujet.

Au travail, j’ai multiplié les mamans. J’essaie avec plus ou moins de succès de m’occuper de chacun-e de mes résident-es comme si ils étaient mes propres parents. L’humanité est faite de personnalités différentes et les connexions sont parfois plus fortes avec certain-es. J’ai aussi un contact privilégié avec les familles. Je fréquente beaucoup plus tout ce petit monde que mes propres parents, frères et sœur. Bien que mon métier implique une certaine mise à distance pour ne pas devenir dingue, je ne peux qu’être concerné quand l’heure du départ arrive. C’était le cas cette semaine. Madame M allait sur ses 104 ans, elle était arrivée chez nous à 101 je crois. Pimpante, élégante, souriante, je manque d’adjectifs pour l’évoquer. L’été dernier, elle était descendue dans le sud-ouest chez sa fille pour y passer quelques semaines, à son retour elle m’offrait une petite boîte de foie gras en s’excusant qu’elle soit si petite. Elle n’aimait pas les fruits et légumes crus et voulait une cuillère à Moka pour son dessert plutôt que celle à entremets qui est plus grande. Elle était heureuse pour moi de ce voyage.

Je suis en vacance, on part au Japon

Jour 1

Avec Romuald, on est parti au Japon voir si les rizières y sont plus vertes.

Nous nous sommes levés tôt pour faire le voyage. Lyon-Tokyo c’est à peine concevable dans un esprit étriqué comme le mien. J’ai cru comprendre que mis à part Honolulu on pouvait difficilement faire plus loin. Les vahinés attendront qu’on nous propose une résidence d’artiste, sinon je passerai mon tour pour faire de la plongée avec Bidule dans le lagon bleu.

J’ai toujours eu peur d’être en retard. Au travail c’est par respect pour mes collègues mais pour le train ou les avions c’est par crainte de les rater. C’est une crainte un peu déraisonnable car mon avance est toujours très exagérée qui régulièrement me coûte un café crème ou une bière hors de prix quand ce n’est pas un repas tellement le temps me semble long. La seule fois où j’ai décidé de vaincre cette peur, j’ai faillit rater l’avion. Depuis, je budgétise ce dysfonctionnement cérébral.

Nous sommes arrivés à la Part-Dieu avec une heure et des brouettes d’avance. Un Perrier pour Romuald et un café crème pour moi le temps de reprendre la même conversation qui nous anime depuis des mois : le voyage au Japon. Qu’allons nous y faire ? Quel sera l’accueil des Japonais pour Bidule ? Allons nous vivre un tremblement de terre, un typhon ou un tsunami ?

Nous organisons les voyages en avance. Celui là a été décidé et confirmé il y a plus d’un an au printemps 2026.

Cela nous permet en plus de préparer au jour le jour les déplacements de Bidule dans les villes que nous visitons et d’étaler les dépenses obligatoires quand on voyage. Les billets de train ont étés acquis le jours même où la SNCF a ouvert ses guichets en ligne pour l’été. Pour quelques euros de plus, nous avons voyagé en première. A 8h30 le train nous trimballait déjà vers Paris. A 10h30 nous étions à l’aéroport. Notre avion partait à 20h30.

On n’était pas en retard.

Quelle que soit la durée et la destination de nos sorties, nous avons du mal à voyager léger. Alors faire les valises pour un mois au Japon n’est pas une mince affaire. Mis à part les culottes et les chaussettes indispensables quotidiennement, nous ne savions pas vraiment si les shorts ou les pantalons était les plus recommandés. Un pull ? Nous avons découvert que les japonais n’aimaient pas les débardeurs (Si chers à moi même et en conséquence à Bidule).

Toutes proportions gardées, on voyage assez léger cette fois ci. Notre équipage se compose de la Caisse de voyage de Monsieur Bidule (13kg), d’une valise grand format (21kg), 2 sacs à dos pour les ordinateurs, d’une banane pour moi et d’un tote-bag pour Romuald.

Tout cela est bien encombrant pour se promener une journée dans un aéroport.

En sortant du train on a cherché un endroit pour fumer.

C’est glauque de fumer coincé entre une porte coulissante et une autoroute. On s’est souvenu de l’hôtel Ibis où nous avions dormi pour partir à New-York. On y accède avec la navette gratuite de l’aéroport. C’est pas le lagon bleu, mais mis à part le bruit des bus de la gare attenante l’endroit n’est pas trop désagréable. Il y a une terrasse et l’amoncellement de bagages n’est pas malvenu ici.

Nous avions beaucoup de temps à tuer. On a pris un apéro dans un des multiples bars de l’hôtel. Pour aller faire pipi, il fallait demander un badge au serveur. Le temps que j’aille jusqu’au toilettes, que je me renseigne pour comprendre la démarche à suivre pour me soulager, que je récupère le badge et que je fasse mon affaire, c’était l’heure de manger.

On a changé de crémerie pour nous déplacer de quelques mètres sur la terrasse du restaurant.

Les serveuses étaient très sympathiques. Une d’elle nous a questionné sur la caisse à Bidule, en a fait une photo pour une story sur Instagram. Elle son truc c’est le jardinage. On a mangé le buffet, c’était copieux (forcément c’est à volonté), pas délicieux mais pas honteux non plus. Il y avait un large choix d’entrées avec des crudités. Pour le chaud c’était moyen et les accompagnements étaient principalement composés de pâtes sous toutes ses formes et de riz. Sur le large choix de dessert, c’est la mousse au chocolat qui a achevé mon repas.

Il était 14h30, le restaurant fermait, on a fumé une clope devant et nous avons repris la navette pour rejoindre l’aéroport.

Nous nous sommes installés à l’extérieur devant le lieu d’enregistrement des bagages.

Pendant que Romuald passait un appel à sa maman, j’ai conversé avec Mel et Mick sur Messenger. Mick s’est moqué de nos T-SHIRT (Vague d’Hokusai pour Romuald et Naruto). Il a dit « Vous êtes du genre à mettre le T-shirt du groupe quand vous allez au concert ?). C’était effectivement un peu didactique pour voyager au Japon. C’est notre côté Bidule.

J’ai joué avec l’IA. Je pense que j’aurais largement l’occasion d’évoquer le sujet IA ces prochaines semaines avec vous.

Nous étions les premiers dans la file classe économique à enregistrer nos valises. JAPAN Airline a bonne réputation, je confirme c’est une compagnie bien organisée.

Après ça, on se sent un peu à poil. On a passé plusieurs heures à surveiller nos valises et d’un coup, elles ne sont plus là.

Nous avons rejoint les passages obligatoires de sécurités et de douanes. C’est toujours un moment pénible à passer mais comme nous avons eu l’opportunité de voyager avant le début des vacances scolaires, c’était presque un parcours de santé.

Au scanner ma banane semblait suspecte. Ils ont fait un test de dépistage des stupéfiants. Je ne me drogue pas, tout allait bien. Les douaniers ont la manie de passer de suite à autre chose, nous laissant ainsi en plan ne sachant trop si on peut partir ou non. J’ai du lui demander si nous étions « en paix » lui et moi. Il a sourit (c’est rare) et m’a souhaité bon voyage.

Ces formalités faites, nous avons traversé la zone Duty-Free où Romuald a trouvé inutile de m’acheter un sac à 3000€, et nous avons flâné entre les bancs face aux avions qui décollent et le fumoir où un monsieur très bavard a passé sa journée. Il venait de Miami et partait à Marrakech avec je ne sais combien d’heures d’attente pour sa correspondance. Des que quelqu’un rentrait il l’alpaguait pour faire la conversation. On y est passé aussi.

L’avion a pris une petite heure de retard à l’embarquement. On a fini par prendre une bière sur un comptoir à côté de notre porte.

Le public était mixte mais les Japonais étaient très largement représentés. L’embarquement s’est fait avec une rapidité déconcertante. L’avion a mis longtemps encore pour décoller.

Nous partions pour presque 14h de vol. Romu a pris la place à côté du hublot, moi au milieu et une jeune femme était à côté de moi. Japonaise, mis à part un salut de la tête de circonstance, elle ne nous a pas adressé la parole du voyage. Je ne sais pas si c’est l’âge ou le stress mais j’ai tout le temps envie de pisser. L’avion a décollé et je n’ai toujours aucun plaisir à faire cette activité.

Une fois que nous étions dans les airs et que les loupiotes des ceintures se sont éteintes, j’ai dérangé ma voisine pour aller me soulager. Je l’ai manifestement dérangée.

C’était l’heure de l’apéro. On a pris du vin qu’ils accompagnaient d’un sachet de cochonneries type cacahuètes soufflées super bonnes. On a mangé un steak haché sauce curry avec des baguettes, avec une mini salade super bonne, du riz et des nouilles de riz froides. Il y avait une sauce qu’il a fallu goûter pour savoir si c’était du salé ou du sucré.

J’ai regardé les épisodes historiques de Star Wars.

Ma voisine a dormi tellement que j’ai attendu des plombes pour pouvoir retourner au toilettes.

J’ai dormi moi aussi.

On a longé la chaîne de l’Himalaya, c’est impressionnant. On a traversé un désert de sable interminable au dessus de la Chine. De temps en temps on apercevait une usine.

Avant d’atterrir on a eu un petit déjeuner ou le café était accompagné d’un plat de riz avec « sea food », Romuald y a goûté (a priori c’était bon) mais pas moi.

Les nuages nous ont empêché de voir le sol jusqu’à l’atterrissage. Le passage en douane était très facile et rapide.

On a pris un taxi pour rejoindre notre appartement.

Nous sommes à Golden Gai entre Shinjuku et Kabuchiko. C’est un quartier qui a été plus ou moins épargné pendant la deuxième guerre mondiale.

On a posé nos affaires et nous sommes allés boire un canon. On avait pas fumé depuis le départ de Paris. Fumer au Japon est une aventure, c’est interdit partout, sauf dans les bars. Ceci expliquait aussi mon empressement à aller boire un coup.

Y’a pas de tonic pour le Gin. On l’a bu avec ce qu’ils appellent « soda » ici, c’est de l’eau de seltz. C’est rafraîchissant et au moins c’est pas farci de sucre. Les bars du quartier sont minuscules, on y rentre à 5 maximum. L’accueil était poli mais froid. Ça s’est détendu. On a parlé en anglais avec le barman. On a pris un deuxième verre en parlant avec deux américains qui venaient compléter la jauge du bar. Le patron nous a demandé de changer de crémerie alors que nous voulions un troisième verre. Le verre est à 4€ environ, la dose d’alcool est proportionnelle au prix.

On est allé ailleurs dans un bar tout aussi exiguë. Le type avait les cheveux tellement long avec un visage très fin que j’ai cru que c’était une jeune femme. Je ne sais pas si c’est pour que les gens ne s’attardent pas mais il y avait en fond sonore une musique qui ressemblait à un son de jeu vidéo quand celui ci est en pause. Un truc en boucle pas horrible mais qui au bout d’un certain temps vous prend la tête.

On a marché vers un supermarché pour acheter à manger. Il est ouvert 24h/24.

On a mangé des sushis et d’autres trucs bons. Ça va pas être simple de se nourrir. Le japonais est une langue compliquée pour nous.

On a mangé dans notre petit appartement. On a fumé sur le balcon (même ça cela semble interdit).

Le lit est super confortable et j’ai pas encore osé appuyer sur les boutons qui lavent le cul dans les chiottes. Je ne manquerai pas de vous faire part de ce retour d’expérience.


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