CHRONIQUES DE VOYAGES DE PJ – JOUR 5 – #BIDULEJAPAN2026

Romuald&PJ au Japon 2026 – Jour 5

Romuald dort encore et cela risque de durer un peu. L’apéro d’hier a un peu dérapé.

Je me lève avec deux heures de retard sur mon horaire habituel, j’ai avalé un Doliprane.

Comme on reste plus de six jours dans l’appartement, quelqu’un est venu changer les draps. On avait déjà eu de l’eau et des bières au frigo en arrivant, on a eu droit à deux bouteilles d’eau en plus. J’ai donc un peu d’eau fraiche pour ma médecine. Mon café refroidit, je ne sais pas comment font les écrivains dans ce cas, ils vont se recoucher ?

Hier, je m’étais levé très tôt, j’avais donc fini mon écriture et ma toilette avec un peu d’avance. Je tenais à signaler que je prends goût à me faire arroser le cul mais on va pas refaire un chapitre sur ça.

Nous sommes partis vers 9 h de l’appartement. Romuald a compris comment fonctionnaient les bus, la technologie du téléphone est une aide précieuse. L’arrêt de bus est à 10 minutes de chez nous, à la gare de Shinjuku. On commence à connaître l’endroit. On s’arrête au fumoir avant de partir. On se dit que c’est plus facile de prendre le bus à Tokyo qu’a Newburgh où les arrêts étaient inexistants. Le voyage dure une demi-heure. Nous partons à Roppongi, un quartier d’affaires. Le but est d’atteindre la Tokyo Tower, qui ressemble étrangement à notre tour Eiffel. Le bus nous laisse sur une avenue déserte, il y a des ouvriers qui construisent un immeuble. C’est très résidentiel. Nous commençons par chercher un petit temple. Nous passons devant un restaurant dont la décoration de façade est composée d’impressionnantes orchidées. Le temple en question n’est pas un temple mais une maison traditionnelle dont le parc est ouvert au public. Elle appartenait à un militaire de la fin du XIXe siècle qui s’est fait harakiri pour je ne sais quelle raison. Nous marchons vers un centre commercial géant que les guides de voyage recommandent de voir. Nous voyons brièvement et repartons. Les commerces ne nous intéressent pas beaucoup mais le parvis est majestueux. Nous voyons un konbini et y achetons de l’eau et un de ces sandwiches à l’œuf très populaires ici. C’est un sandwich club farci à l’œuf mimosa, c’est diététique mais comme nous ne mangeons pas le matin, ça fait le job.

Nous continuons le chemin vers un autre centre commercial qui se trouve dans un gratte-ciel. Le quartier est plein d’immeubles de plus de 100 étages. On peut difficilement ne pas penser à Manhattan. De temps en temps au milieu il y a un temple.

Il y a très peu de zones fumeurs. On voit très peu de voitures garées dans la rue, c’est à se demander ce que font les tokyoïtes de leurs bagnoles. Par contre, il y a régulièrement des petits parkings privés de deux à cinq places et rarement plus où les fumeurs se réfugient. C’est écrit en gros qu’on n’a pas le droit de fumer mais cela a l’air d’être normal de se poser là car il y a tout le temps des mégots au sol. Moi j’ai mon petit cendrier portable. On en trouve un et je fume alors que Romuald vapotte.

Il y a un musée dans le centre commercial, la tour est entourée d’un parc très joli et aéré avec des œuvres d’art. Il y a entre autre la « Maman » de Louise Bourgeois, on est toujours heureux de croiser cette araignée en bronze sur notre chemin.

Romuald avait repéré un roof top gratuit qui s’est avéré être payant. Nous avons passé notre chemin. Nous avons continué à visiter le parc, il y avait une sculpture de Jean-Michel Othoniel. C’est de l’art de droite inutile. Y’a des Trumps qui mettent des rideaux Versace pour avoir une déco dégueulasse dans leurs maison et, pour faire encore plus clinquant, ils posent un Othoniel dans le jardin. A Lyon, on a une de ces kitcheries sur les quais de Saône avant d’arriver à l’île Barbe.

Bidule aime les kitcheries mais il est nul en art.

On continue la marche à travers les buildings, on voit la tour mais, bien que le quartier soit rempli d’immeubles récents, il est désordonné comme le reste de la ville. À la différence de Manhattan, on ne va jamais tout droit. Au bout de cinq jours ici, on a toujours besoin du GPS pour revenir dans notre appartement…

La Tokyo Tower est proche mais ça nous prend des plombes pour l’approcher. La randonnée n’en est pas moins agréable.

Nous avons enfin un point de vue pour biduler.

C’est l’heure de manger. C’est un quartier d’affaires, on passe devant l’ambassade de Russie. Il y a des policiers japonais qui montent la garde. Ils n’ont pour armement que des bâtons de bois. Dès nos premiers jours ici nous avons remarqué qu’il y a une présence policière quasi inexistante, on en voit très peu dans la rue et pas non plus de patrouilles en voiture. Peut-être sont-ils en civil. Les rares que l’on croise sont très différents des nôtres ou plus encore des Robocops américains. Les gardiens de la paix sont peu ou pas armés mais en plus ils sont chétifs.

Nous marchons longtemps pour trouver un lieu pour manger.

Après un dernier tour dans ce quartier, nous prenons le métro pour l’île Odaiba. C’est plus ou moins une île des loisirs ou il y a une reproduction de la statue de la liberté et un « Transformer » géant qui bouge toutes les demi-heures. On bidule, on va voir le jouet géant bouger et il bouge pas beaucoup mais c’est rigolo.

Romuald regarde comment on va faire pour rentrer chez nous, nous sommes très loin de Shinjuku, la ville est tentaculaire. Nous avons beaucoup de chance, il y a un métro à 15mn de marche qui est express et direct. Le train part dans 13 mn, on prend nos cliques et nos claques et, GPS en main, on cherche la station. Nous arrivons un peu en avance, on a marché vite.

Le trajet en métro dure 40 mn, nous étions vraiment loin.

On passe par chez nous. C’est pas encore l’heure de l’apéro. J’écris les cartes postales que j’enverrai quand je le pourrai à mes résidents de l’EHPAD. Ça leur fait plaisir que je pense à eux.

Golden Gai est le minuscule quartier de Shinjuku où nous résidons. Ce sont quelques rues très étroites où il y a des bars tout petits et un peu miteux les uns à côté des autres. Ils sont plus ou moins décorés (plutôt moins que plus), la plupart sont recouvert de graffitis laissés par les touristes sur les murs et plafonds. Nous avons eu des bonnes et des mauvaises expériences dans ces lieux.

Hier, nous voulions aller dans une échoppe dont le propriétaire a fait la déco sur le thème des films d’horreur. Mais il était fermé alors on a fait les quatre rues à la recherche d’un lieu. Nous apercevons un barman en train de se maquiller façon drag-queen, on rentre. Au début on est seuls. Le serveur est très sympa. C’est effectivement un artiste transformiste. Il écoute de la musique Française traduite en japonais. Nous avons passé la soirée entre Fréhel, Boris Vian, Nougaro, JJ Goldman, France Gall… J’en passe, il n’a manqué que Dalida.

Un couple anglo-hispanique rentre avec un gamin, puis un couple d’Américains. Tout ce petit monde se parle et trinque. Les Américains s’en vont et quand les autres avec le gamin sont sur le départ, le père de famille fait un selfie avec nous. Puis un jeune anglais se pointe. Toujours sur fond de musique kitch, l’ambiance est joyeuse. Le barman continue de se maquiller et demande à encaisser les premiers verres car un autre serveur va prendre le relais. Le nouveau serveur est accordéoniste. Un couple asiatique rentre dans le bar. Ils commandent une bouteille de vin français.

Nous, on boit des gin soda, l’Anglais est à la bière. L’Asiatique (pardonnez moi mais j’ai pas réussis à définir si il était Chinois ou Japonais) nous sert des verres de vin. On trinque. Le serveur accordéoniste joue « Les Champs Elysées », On chante Joe Dassin en français et en asiatique (chinois ? japonais ?). On se marre et on trinque. On parle beaucoup avec le jeune Anglais. Le premier serveur revient dans le bar, il va je ne sais où et revient transformé en magnifique drag queen (sur instagram vous la trouverez au nom de Sylvia_Manchester). On aura tout le répertoire de Piaf, Romuald s’est fait dépasser par l’émotion du moment alors que notre artiste performait sur « La vie en rose ». L’Anglais avait un train à minuit pour retrouver son logement. Après avoir embrassé très chaleureusement toute la communauté, nous avons rejoint notre chez nous par chance tout proche, à deux rues de là, en faisant un détour par le kombini pour y acheter un sandwich à l’œuf et des clopes. J’ai eu les bonnes clopes mais je n’ai pas pris les sandwiches que je voulais.

Quel étourdi je fais !