Chroniques de voyages de PJ – JOUR 3 – #BIDULEJAPAN2026

Jour 3

 

Tokyo n’est comparable à aucune autre mégalopole que j’ai déjà visitée. La plus grande ville du monde a été rasée puis reconstruite sans aucun plan d’urbanisme réfléchi. Cela donne un tout assez foutraque et rarement réussi. Pour le journal des bonnes nouvelles, les japonais déjouent tous les clichés quant à leurs réactions et interactions avec Monsieur Bidule.

Je me suis marié avec un couteau suisse. Il sert à tout, vous comprenez pourquoi je l’aime autant. Il organise, il guide, il traduit, s’occupe des réservations… Une vraie merveille de technologie. L’IA ne peut pas remplacer ça. Hélas, il y a des moments où je ne l’ai pas avec moi. Ici, il y a une technologie très puissante : Les Toilettes.

Chez nous, on a une cuve et une chasse d’eau. Des fois on appuie sur le bouton et parfois il faut tirer la chasse. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué. Les japonais ont avec les toilettes un côté Shadok.

Certains chiottes poussent la technologie jusqu’à lever le couvercle automatiquement quand ils vous voient arriver. Chaque appareil est doté d’une dizaine de boutons généralement (certains plus encore) avec des idéogrammes. Certains dessins sont faciles à comprendre, d’autres poussent l’imagination un peu plus loin. Le bouton le plus difficile à trouver est celui dont on a le plus besoin c’est-à-dire celui de l’évacuation définitive de votre forfait.

Là, Romuald n’est pas à mes cotés et j’ai cru comprendre qu’il touchait ici les limites de ses supers pouvoirs.

Quand vous vous décidez à appuyer sur un bouton, vous espérez très fortement que vous n’allez pas vous prendre un jet d’eau dans la face mais surtout ne pas tremper l’espace. Cela prend un certain temps mais jusqu’à présent cela s’est bien passé.

Hier, après notre randonnée urbaine, j’ai voulu faire l’expérience des autres fonctions. Je me suis courageusement assis sur le trône et j’ai appuyé sur un premier bouton. J’ai entendu un bruit mécanique et un jet d’eau froide est arrivé par derrière, sur le coup ça surprend mais ce n’est pas désagréable. Je me dis que cela doit faire un cycle et que cela va s’arrêter tout seul, mais non, cela ne s’arrête pas. J’appuie sur le bouton d’à coté, nouveau bruit mécanique et le jet change de position et arrive d’en dessous. Je ne sais toujours pas comment arrêter ce massage. Il y a un bouton rouge, je me suis dit que sur la télécommande de la télé à la maison, le bouton de veille est rouge. J’espère que cela n’est pas un bouton d’appel au secours, j’appuie et le jet s’arrête.

 

Romuald a prévu la visite de trois quartiers par jour plus ou moins. C’est sportif mais pas impossible. Nous avons pris le métro pour le quartier de Sugamo. C’est d’après nos informations le quartier des personnes âgées. Nous avons pris le métro à la gare de Shinjuku là où nous résidons. Le maillage du métro tokyoïte a l’air plutôt bien fait mais les complications rencontrées avec les toilettes ne sont rien à l’heure de prendre le métro. Malgré le travail de préparation de Romuald, trouver la bonne ligne est presque impossible sans l’aide de quelqu’un. Nous avons rebroussé chemin après avoir erré dans les couloirs pour aller à un bureau d’information. Ici il y a plusieurs compagnies qui gèrent le réseau. Une fois que l’on sait quelle est la société qui dessert la zone où l’on veut se rendre, c’est plus facile.

Une fois que nous avons eu la bonne info, nous avons pu partir facilement. On a en tête ces images d’employés du métro de Tokyo qui poussent les gens dans les rames tellement il y a du monde. Nous n’avons pas connu cela pour l’instant. C’est une crainte avec Bidule qui prend de la place.

Le quartier où nous arrivons est mignon sur l’échelle de ce qui peut l’être à Tokyo. À la sortie du métro, on arrive sur une grande avenue avec en face de nous tout un tas de boutiques. Nous sommes ici car il y a un marché aux puces. On aperçoit au loin une grande porte sous forme d’arche. Nous nous y dirigeons et tombons sur une boutique de capsules très populaire ici. La boutique est remplie de centaines de distributeurs où quand on met de l’argent (souvent 500 Yens – 2,5€) on obtient une capsule avec un petit jouet. Il y a beaucoup de gosses qui sont là à bader ces merveilles. Romuald veut de ces objets pour les inclure dans les œuvres à venir.

Nous continuons notre chemin et la rue derrière l’arche est piétonne, probablement temporairement. Le début du marché est plutôt alimentaire. On y voit quelques fruits et légumes et en s’avançant dans la rue, il y a des marchands de poissons séchés, d’algues et d’autres trucs pas du tout appétissants qui ressemblent à des vers blancs qui n’ont pas l’air de bouger. Plus en avant ce sont des stands plutôt artisanaux et quelques vendeurs de sapes d’occasion. On a acheté une sape de type Kimono qui à priori est destinée aux sportifs d’un art martial mais j’ai pas compris ce que nous a dit la vendeuse très sympathique au demeurant. Elle nous a évidemment posé des questions sur le boulet qui prolonge mon bras en permanence. Romuald a préparé avant de partir une petite carte en japonais (merci Google Trad) pour expliquer ce que nous faisions là. Nous la distribuons souvent avec la carte de visite et c’est très efficace. Les japonais sont très expressifs, les HOOOOOO, HAAAAA et les rires sont fréquents. Plus loin, commence le marché aux puces. Nous n’avons pas résisté à l’achat d’une petite tablette orange en plastique. Il y avait aussi des petites céramiques charmantes mais nous devons nous souvenir que nous vivons à plusieurs milliers de kilomètres de là et que la surcharge d’objets va créer des complications.

Une fois la rue toute entière traversée, nous avons cherché un fumoir que nous n’avons jamais trouvé. On s’est écarté à nos risques et périls pour fumer dans un coin discret. C’est un peu la règle ici mais je n’ai pas de plaisir à faire ça.

Nous avions une heure de marche pour rejoindre Yanaka. C’était une balade urbaine sans grand intérêt si ce n’est ceux d’avoir traversé un cimetière Japonais et d’observer le foutoir architectural de la ville. L’étroitesse de certains immeubles continue de m’impressionner. Nous passons devant une galerie d’art et y rentrons. Il y a des jolis boulots et la galeriste est sympa. Elle nous dit qu’elle parle mieux français qu’anglais, je lui dis que ça m’arrange parce que moi aussi.

On marche longtemps. Nous avons de la chance, il fait chaud mais ce n’est pas étouffant. Le ciel est voilé, il y a de l’air. Nous achetons régulièrement des petites bouteilles d’eau (environ 100 yens – 50 cents) dans les Konbinis ou dans les distributeurs dans la rue.

En arrivant à Yanaka, c’est l’heure de manger. Pour environ 15€ par tête, on a eu une assiette énorme et du vin chilien dans un restau d’hôtel. Ils avaient une carte locale et internationale. On a pris le local, c’était délicieux mais c’était quand même du local à la sauce internationale. La serveuse est venue faire des photos de Bidule. Il y avait un fumoir à l’arrière de l’hôtel.

Le quartier de Yanaka est très touristique, j’estime à 50% le tourisme japonais et international pour la deuxième moitié. À l’international, je pense que ce sont les Australiens suivis des Américains et Indiens qui font le gros des troupes, les Européens finissent la marche.

Nous avons promené en léchant les vitrines des échoppes. Je me suis acheté une combinaison japonisante pour Bidule, je vais encore avoir l’air fin.

Un peu plus loin j’ai craqué sur un Tote bag artisanal avec des chats dessus.

On a marché vers le temple d’Asakusa. La ville est vraiment immense et quand je parle de randonnées urbaines ce n’est pas un mensonge, chaque étape est l’occasion de très longues marches. Sur la route nous apercevons une rue en fête, la rue en question va dans la bonne direction mais ce n’est pas pour autant le chemin le plus court. On décide de ne pas y aller, mais en marchant dans une avenue calme, on aperçoit entre chaque bloc les animations qui s’y passent. On décide de faire le détour. C’est une sorte de kermesse, il y a beaucoup d’enfants et de familles. Les enfants ont des friandises et les adultes des bières et il y a des marchands de cocktails. Nous restons à l’eau. Plus nous nous approchons de la destination finale, plus la foule se densifie. Le début de la fête était principalement local mis à part quelques touristes comme nous qui passaient par hasard, sur l’autre bout de la rue les touristes qui se trouvaient dans le quartier du temple étaient venus polluer l’ambiance. Nous prenons la tangente pour retrouver du calme.

 

 

 

A deux pas du temple, un jeune homme qui déplaçait un Pousse-pousse nous interpelle à propos de Bidule, nous parlons un moment avec lui.

Le temple d’Asakusa est splendide. On rentre par un petit jardin, avec une cascade qui se jette dans un petit ruisseau rempli de carpes géantes qui font le bonheur des touristes. Il y a des milliers de gens. C’est très beau mais c’est pas le genre d’endroit où on a envie de rester.

On fait des photos et une femme avec un blouson imprimé d’un drapeau américain et une casquette « Make America great again » vient vers nous car elle a fait un selfie avec Bidule pendant que Romuald me photographiait. Elle est philippine et plutôt sympathique. On parle des USA et je ne sais pourquoi, elle ouvre son blouson et porte un T-shirt de Trump… Elle nous fait des cadeaux, des petites figurines en porte-clef et des porte-bonheurs japonais.

Romuald ne s’arrête pas de parler et moi j’ai envie de fuir. On finit par partir. À la sortie du temple il y a une zone fumeur. On achète une bouteille d’eau et on fait une pause. Lors de la dernière photo, un gardien a dit à Romuald qu’on ne pouvait pas faire des photos de Bidule. On les avait déjà faites alors tout va bien.

 

La dernière étape était la tour Skytree et la crotte de Starck. Pour la tour, on y montera dans quelques jours mais sans Bidule, l’idée était d’immortaliser ce monument emblématique de Tokyo. Pour la crotte, c’était de voir cet objet imaginé par le célèbre designer français. La crotte est le nom que les tokyoïtes ont donné à ce truc. On se demande à quoi il a pensé, peut-être à rien, peut-être à ça. C’est en or… ça ressemble à une crotte en or.

 

Le soir on est revenu dans le bistrot qui était sympa la veille. Ce n’était pas la même serveuse, elle était en plan vendeuse agressive, il y avait des Australiens qui se laissaient emporter par la serveuse qui buvaient des shoots de tequila en plus de leurs bières. L’ambiance était électrique. On est parti se réfugier dans le quartier gay.

 

Après avoir pris un petit truc à manger au Konbini en bas de chez nous, on a mangé et on a enfin reposé nos jambes.

 

Aujourd’hui on va voir Godzilla et Kusama aussi.