Cette version, mise en musique par Offenbach, de l'histoire du fameux mari meurtrier multirécidiviste se veut comique mais sent son Second Empire à plein nez. Heureusement, la mise en scène de Laurent Pelly dynamite et rajeunit l'ensemble pour en faire un plaisant moment de musique.
Le prophète Elias tente de ramener le peuple d'Israël sur le chemin de la vraie foi et, même avec l'aide d'un ange, c'est un gros boulot. L'oratorio de Mendelssohn inspiré de l'Ancien Testament propose une bien belle musique, qu'on soit croyant ou mécréant.
Venue du monde des esprits, l'Impératrice n'a pas d'ombre et, aidée par sa nourrice, souhaite en acheter une d'occase à la femme du teinturier Barak. Un conte tout en humanité, sur une musique de Strauss et un livret de Hoffmannsthal, à savourer à l'Opéra de Lyon.
Deux interprétations d'une même œuvre dans la même soirée, c'est la formule originale que propose Andriy Zholdak avec ses mises en scène successivement sobre et débordantes du Château de Barbe-Bleue de Bartok. Attention en ouvrant la porte…
Melisande n'est pas heureuse. En tout cas pas avec Golaud. Davantage avec Pelléas. Mise en scène allégée, orchestre réduit, décors sobres : l'opéra de Debussy s'adapte au mieux à une forme plus théâtrale et y gagne une modernité inespérée.
Le metteur en scène Tobias Kratzer donne une modernité puissante à l'opéra de Rossini en la transposant au sort des réfugiés parqués dans des camps. Quand le passage de la mer Rouge métaphorise celui de la Méditerranée…
Fausse légèreté et fausse candeur en cette fin d'année à l'Opéra, qui propose un Candide de Bernstein grinçant. Guerre, inquisition, viol, intolérance et vérole sont bien au programme pour nous souhaiter une belle et heureuse année 2023 !
Marcos Morau s'inspire certes de La Belle au bois dormant de Perrault et de Tchaïkovski, mais il en renverse le point de vue en donnant la priorité au collectif dans un ballet coloré et plein d'humour. La Belle peut dormir tranquille, l'ensemble assure le spectacle sans elle de la meilleure des manières.
Tannhäuser parviendra-t-il à échapper aux séductions de Vénus et de son armée d'humanoïdes aux charmes vénéneux ? Gagnera-t-il le concours de chant de la Wartburg ? Le pèlerinage à Rome vaut-il le déplacement ? Courez à l'Opéra de Lyon pour le savoir, où la mise en scène de David Hermann et la direction de Daniele Rustioni méritent le voyage.
On rigole bien peu dans le Rigoletto, histoire de malédiction avec bouffon sinistre et duc violeur. Mais la musique de Verdi transcende et sublime le sordide d'une histoire d'une saisissante modernité à l'heure de #MeToo.
Ça commence comme Le Chien des Baskerville et ça se termine en Noces de sang : un opéra méconnu du tout aussi injustement méconnu Franz Schreker revisité en mode film expressionniste en ce moment à l'Opéra de Lyon.
María de Buenos Aires n'est pas tant un opéra qu'une expérience, celle des petits matins fantomatiques achevant une nuit de rencontres hasardeuses, d’enlacements tangueros, de libations mélancoliques et de regrets diffus. Sublimée par la poésie ironique d'Horacio Ferrer, la musique d'Astor Piazzolla déploie sa force sensible à l'Opéra de Lyon.