Marcos Morau s'inspire certes de La Belle au bois dormant de Perrault et de Tchaïkovski, mais il en renverse le point de vue en donnant la priorité au collectif dans un ballet coloré et plein d'humour. La Belle peut dormir tranquille, l'ensemble assure le spectacle sans elle de la meilleure des manières.
Tannhäuser parviendra-t-il à échapper aux séductions de Vénus et de son armée d'humanoïdes aux charmes vénéneux ? Gagnera-t-il le concours de chant de la Wartburg ? Le pèlerinage à Rome vaut-il le déplacement ? Courez à l'Opéra de Lyon pour le savoir, où la mise en scène de David Hermann et la direction de Daniele Rustioni méritent le voyage.
On rigole bien peu dans le Rigoletto, histoire de malédiction avec bouffon sinistre et duc violeur. Mais la musique de Verdi transcende et sublime le sordide d'une histoire d'une saisissante modernité à l'heure de #MeToo.
Ça commence comme Le Chien des Baskerville et ça se termine en Noces de sang : un opéra méconnu du tout aussi injustement méconnu Franz Schreker revisité en mode film expressionniste en ce moment à l'Opéra de Lyon.
María de Buenos Aires n'est pas tant un opéra qu'une expérience, celle des petits matins fantomatiques achevant une nuit de rencontres hasardeuses, d’enlacements tangueros, de libations mélancoliques et de regrets diffus. Sublimée par la poésie ironique d'Horacio Ferrer, la musique d'Astor Piazzolla déploie sa force sensible à l'Opéra de Lyon.
Cette année, pour les Fêtes, l'Opéra de Lyon privilégie la pieuse dévotion au bord de la crèche avec un Messie de Haendel, aussi grand public que christique en diable. Pourquoi bouder son plaisir puisque la musique est bonne et l'interprétation excellente ? Alléluia !
Retour pétaradant à l’Opéra de Lyon avec Falstaff, personnage bouffon et jouisseur par excellence. Un spectacle réjouissant placé sous le signe de la bonne chère et des belles chairs.
L'Opéra de Lyon propose L'Heure espagnole en avant-goût de sa nouvelle saison. Un magnifique décor animé mais, surtout, la belle musique de Maurice Ravel font oublier l'étroitesse vaudevillesque du livret, et on ne voit pas passer cette heure pseudo-hispanique.
Une œuvre potache et potagère pour bien finir l'année et commencer la suivante à l'Opéra de Lyon. Les radis sont très réussis, les betteraves rondouillardes et Carotte médiocre et grotesque, comme Marx le disait du contemporain Napoléon III. Ça se laisse déguster comme un navet du dimanche soir, dans la bonne humeur et sans risque de céphalée.
Comme Guillaume Tell sauve son fils en atteignant la pomme avec sa flèche, Tobias Kratzer sauve un opéra patriotard avec une mise en scène qui invoque la force émancipatrice de la musique.
Après s'être débarrassé de sa cinquième épouse, Barbe-bleue cherche la sixième tout en pensant déjà à la septième. Fin de saison toute en grivoiserie style Second Empire à l'Opéra de Lyon.
Ulysse est de retour : au grand désespoir des soupirants de Pénélope mais pour le plaisir des yeux et des oreilles à la Maison de la danse où se joue l'opéra de Monteverdi