#45- Nepal feat Gracy Hopkins : 150cc

La Seine-et-Marne, c’est la moitié de l’Île-de-France en superficie, pleine de campagne. Honnêtement, Touran-en Brie, d’où vient Gracy Hopkins, cela a beau être le plus proche de nous, personne ne sait où c’est. Il vient du Mozambique, du Brésil, d’Angola, on sait, mais la Brie, on ne connait pas.

Pourquoi Népal lui a proposé un feat, on ne sait pas non plus. Le mec vient du 14e arrondissement de Paris. Il rend ses titres gratuits sur internet, il déteste le système. Personne ne le connaît soit-disant, mais quand il meurt à 28 ans, on ne sait même pas pourquoi, Nekfeu, PLK et plein d’autres lui rendront hommage. On ne connaîtra pas son visage, il ne fera partie d’aucune économie. Parce que la musique c’est autre chose.

Et il associe cet autre mec, de la Brie, la campagne de merde autour de Paris, un peu trop loin pour être même une banlieue, qui porte tout un monde de musiques atlantiques avec lui, encore plus jeune, né en 1997, Gracy c’est son vrai prénom.

Le titre fait partie du projet KKSHISENSE8, référence à l’animé Naruto (si tu n’as pas la ref, va faire tester ta prostate) et à la série Sens 8 (si tu as la ref, idem).

Le rap existe tellement hors de ce qu’on nous présente. Toutes les musiques atlantiques infusent tellement dans les moindres de nos campagnes. Comme elles peuvent, mais elles continuent à infuser. C’est tout ce que permet la musique.

Gracy Hopkins

James Stewart & Marc Uhry

 

Post scriptum post morten 

Omotesando (lyrics)

« J’ai entendu ton son sur les ondes, tu peux r’mercier les quotas

Une vie bercée par l’illusion en tapant untel sous-coté

J’lance les dés jusqu’au jour où ma carcasse s’retrouve sur l’côté

Vu qu’j’m’en beurre, j’crois qu’j’ressemble à mon daron comme Sangoten

J’veux pas reproduire ses erreurs

Pourtant ses réussites sont pas à ma portée, some crazy shit, c’est un bordel

Le wari, moi, j’l’intercepte gros, jamais j’cours après l’papier

Considération de mec à zeu-lai, j’te l’accorde faudrait qu’on s’aime

Des années, j’en ai quasi trente, glande pinéale calcifiée

Tous les rêves sont quadrillés, matrixé récalcitrant

Texte acide tah les citrons, un cavul des likes fascinants

T’es comme Macron, t’es jeune, tu dis d’la merde du coup, on t’a signé (GG)

Peu importe c’que t’as fait de bien, on t’oubliera man (hey)

Moi, juste un blavan dans une North Face comme Tobirama (hey)

Ressaisis-toi poto, c’est plus pour oim qu’un hobby la night

Déjà qu’leurs labels s’demandent si la magie ça s’copyright pas

Si ça peut rapporter du biff, on parle du mili’

On parle de « I’m Illy » la concurrence sur Ameli

J’les tiens à distance comme Kilik donc fais pas l’silly

Le vrai sens d’être au-dessus quand t’auras visité l’ceiling

Toutes les portes scellées, j’te parle d’une croisière genre interstellaire

Tu m’parles de gros porcs rayon porcelaine

Ça n’a aucun sens frère, c’est comme ce rêve

J’t’avais dit qu’j’forcerais, tu deviendras c’que tu crains à force de l’être

Tu pensais encore des sublis genre vraiment ?

Genre j’pé-ra pour quoi moi ? Genre la race des serpents ?

Genre j’attrape la bave d’un fils de pute et puis j’m’en sers d’encre ?

Genre j’me tape pas contre oim ? Genre ça, c’est pas flagrant ?

Au fond, tu sais plus d’quoi tu causes

Mais y’a pas d’heure pour raconter son dos surtout sur une surface d’réparation sans goal

Les ‘ients sont descendus sans cons’ et sont r’montés sans love

Ambiance YTP RDV Omotesandō

Fuck tes caméras, j’suis au calme à la Kamehouse »

in Népal – KKSHISENSE8 (01)

2018 – 75e Session / Les Gars Laxistes