Collection « Révolté(e)s, Rebelles et Hors la loi » de la Poule Rouge

De Géronimo à Monica Proietti, en passant par Jules Bonnot et Angela Davis, la collection Révolté(e)s, rebelles et hors la loi regroupe 24 portraits, par 24 artistes, de personnages qui, un jour, ont dit : «  Merde ! ». Oui, « Merde ! », en se révoltant contre l’autorité, contre un système, d’une façon violente pour certains, militante pour d’autres, souvent les deux. L’idée est née suite à la lecture de « Les bandits », livre dans lequel Eric Hobsbawn développe l’idée du banditisme social. Éditrice de la collection, La Poule Rouge* a souhaité étendre le principe du banditisme social à toutes les formes de résistance, unique issue possible pour toute cette galerie de personnages poussées à la marge de leur société.

Toutes les sérigraphies présentées ici sont en vente à la Poule Rouge.

#2 – Phoolan Devi

Phoolan Devi

La deuxième affiche de la collection Révolté(e)s, Rebelles et Hors la Loi, représente Phoolan Devi, la Reine des Bandits de l’Uttar Pradesh, en Inde.

Née en 1963 dans un village du nord de l’Inde, Phoolan Devi est issue d’une famille de basse caste. Mariée de force vers l’âge de 11 ans, elle est régulièrement battue et violée par son mari de 20 ans son aîné. Elle s’enfuit pour regagner son village et si le mariage est annulé, Phoolan Devi est devenue une paria. Vers l’âge de 20 ans, à la suite d’une dispute avec son cousin, elle est jetée en prison où elle est violée par ses geôliers. À peine est-elle sortie que son cousin tente à nouveau de s’en débarrasser en engageant une bande de Dacoïts, des bandits souvent paysans dépossédés de leur terre ou intouchables. Le chef de la bande la maltraite, mais un des Dacoïts, Vikram, la protège et abat son chef. Devenue l’amante de Vikram, Phoolan Devi intègre la bande qu’elle conduira même en menant des actions contre les propriétaires terriens qui profitent de leur condition pour humilier et violer impunément les femmes des basses castes. À la suite d’une querelle avec une bande rivale, Vikram est abattu et Phoolan Devi, capturée. Elle parvient cependant à s’échapper et à retrouver sa bande.

Son combat contre les riches la rendra célèbre dans l’état de l’Uttar Pradesh, le peuple voyant en elle un défenseur des opprimés. Et si elle devient l’ennemie publique numéro un, elle est également l’icône des basses castes.

Après deux ans de cavales, en 1983, elle accepte de se rendre sous plusieurs conditions. Un, elle ne sera pas condamnée à mort. Deux, sa famille obtiendra des terres et du travail. Trois, les hommes de sa bande ne seront pas condamnés à plus de huit années de prison. Alors seulement, lors d’une reddition publique à laquelle assistent plus de dix mille personnes, elle dépose son Mauser 303, non devant les autorités mais sous un portrait de Gandhi et une représentation de la déesse de la guerre Durga.

En 1994, après onze années de prison, Phoolan Devi est libérée, et devient députée en 1996.

En 2001, est abattu devant son domicile.

Cette sérigraphie en format 30 x 30, et 3 couleurs est réalisée d’après un dessin original de Jérémie Guneau, dessinateur et illustrateur toulousain aux multiples talents, connaissant bien l’Inde, pour y avoir voyagé plusieurs fois.

#1 – Capitaine de Haidouk

Une capitaine de Haidouk par Benjamin Flao, sérigraphie au format 30 x 30, trois couleurs.Il parait qu’en turc, hors la loi ou bandit se dit haydut. A partir du XIVe siècle, le mot s’est modifié en passant d’une frontière à l’autre pour devenir haidouk en Roumanie. Mais son sens a changé également : haydut, bandit pour les Ottomans devient un haidouk, un rebelle, dans les autres pays sous domination ottomane, ou simplement un bandit de grand chemin dans les pays d’Europe de l’Est. Ils sont, dans les pays sous domination ottomane, ce qu’était Robin des bois en Angleterre, rebelle à l’autorité en place mais généreux avec les pauvres. On devenait haidouk par conviction mais aussi pour survivre, manger à sa faim, échapper à la répression ou encore à l’enrôlement de force.

Benjamin Flao s’est inspiré de l’histoire de Floarea Codrilor (de Panaït Istrati : « Domnitza de Snagov ») pour faire ce portrait de cette femme capitaine de Haidouks, qui ont pour devise : la liberté ou la mort. L’auteur est scénariste, dessinateur de bande dessinée et s’est fait connaître avec ses magnifiques carnets de voyage : Carnets de Sibérie, mammuthus expéditions (2002) et Érythrée (2004). Depuis il a publié plusieurs bandes dessinées, toutes parues chez Futuropolis : La Ligne de fuite (2007) , Mauvais garçons (2009), Kililana song (2012 ,2013), Va’a, une saison aux Tuamotu (2014) et la dernière en date , Essence (2018). Il dessine également sur des spectacles « live » avec les groupes Chromb ou Blast et sur un spectacle crée avec la compagnie du théatre du Mantois : Black Boy d’après le livre de Richard Wright.


* Les Éditions la Poule rouge est une association à but non lucratif d’édition d’affiches en séries limitées en sérigraphie et parfois en tirage d’art numérique. Elle crée des collections d’affiches avec des artistes illustrateurs, dessinateurs et graphistes, jeunes et moins jeunes, connus ou pas, mais surtout, dont elle apprécie le travail. Toutes les affiches sont proposées à la vente, numérotées et signées. Contact : lapoulerouge.editions@gmail.com

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