Tout le monde connaît Don Giovanni : "pourvu qu'elle porte jupon, vous savez ce qu'il fait". Et il le fait à l'Opéra de Lyon (et le 7 juillet à Fourvière), dans une mise en scène contestable mais une interprétation digne d'éloges.
« Sombre est l’espace, très sombre » disait le camarade Gagarine. Sombre aussi est cette œuvre d'Alexander Rastakov inspirée de fragments d'Heiner Müller sur la Seconde Guerre mondiale, qui atteint un sommet sur l'échelle de l'humour noir. Avec Hitler et Staline en guest stars, une expérience paroxystique de l'anéantissement de l'humanité.
Sorcières en tailleurs de cadres sup' harcelant un régicide écossais halluciné ou déchirement amoureux sur fond d'Inquisition et d'absolutisme espagnols… Macbeth et Don Carlos de Verdi dirigés avec élégance par Daniele Rustioni à l'Opéra de Lyon.
La Cenerentola c'est Cendrillon mais dynamitée par la partition de Rossini et la mise en scène de Stefan Herheim. Carmen est sortie de l'Opéra tellement enthousiaste qu'elle y a perdu sa pantoufle de verre.
Plus musical mais non moins sportif, Mozart contre Salieri, c'est un peu le duel Anquetil-Poulidor. Mis en musique par Rimski-Korsakov sur un livret Pouchkine, c'est un bref mais dense moment de réflexion sur la création et la reconnaissance artistiques à l'Opéra de Lyon.
Quelle connerie la guerre… War Requiem de Britten mis en scène par Yoshi Oida à l'Opéra de Lyon, un grand moment de recueillement musical.