Après s'être débarrassé de sa cinquième épouse, Barbe-bleue cherche la sixième tout en pensant déjà à la septième. Fin de saison toute en grivoiserie style Second Empire à l'Opéra de Lyon.
Ulysse est de retour : au grand désespoir des soupirants de Pénélope mais pour le plaisir des yeux et des oreilles à la Maison de la danse où se joue l'opéra de Monteverdi
On boit et on danse au bord de la Volga dans l'auberge de la belle Kouma. Mais un curé sinistre et libidineux rôde… Andriy Zholdak fait de cet opéra méconnu de Tchaïkovski une charge féministe et émancipatrice bienvenue.
Mise en scène baroque pour opéra baroque, l'idée était bonne mais le résultat peine à convaincre. David Marton a beau en appeler à Jupiter et à Junon, son patchwork de styles déçoit.
Comme prévu, Roméo et Juliette meurent à la fin. Mais, musicalement transposée par Blacher pendant la Seconde Guerre mondiale et mise en scène par Lacornerie au Théâtre de la Croix-rousse, l'œuvre de Shakespeare révèle une poésie et une subtilité nouvelles.
Quand Leos Janacek rencontre Michel Foucault, ça donne De la maison des morts, un opéra universel sur l'inhumanité de l'enfermement carcéral. A voir et écouter sans barreaux.
D'une sombre guerre de succession moyenâgeuse, Claus Guth fait une évocation des sources familiales des terreurs enfantines. Il fait surtout de ce Rodelinda de Haendel un beau moment d'opéra, sous la direction de Stefano Montanari.
Cette année encore, le début de saison sent le souffre à l’Opéra de Lyon. Après une excellente Damnation de Faust il y a trois ans, retour de l’ambiance infernale avec une nouvelle adaptation chantée du mythe de Faust, en l’occurrence celle d’Arrigo Boito. Pour nous persuader qu'une nuit de sabbat ne saurait se passer de boule à facette.
Tout le monde connaît Don Giovanni : "pourvu qu'elle porte jupon, vous savez ce qu'il fait". Et il le fait à l'Opéra de Lyon (et le 7 juillet à Fourvière), dans une mise en scène contestable mais une interprétation digne d'éloges.
« Sombre est l’espace, très sombre » disait le camarade Gagarine. Sombre aussi est cette œuvre d'Alexander Rastakov inspirée de fragments d'Heiner Müller sur la Seconde Guerre mondiale, qui atteint un sommet sur l'échelle de l'humour noir. Avec Hitler et Staline en guest stars, une expérience paroxystique de l'anéantissement de l'humanité.
Sorcières en tailleurs de cadres sup' harcelant un régicide écossais halluciné ou déchirement amoureux sur fond d'Inquisition et d'absolutisme espagnols… Macbeth et Don Carlos de Verdi dirigés avec élégance par Daniele Rustioni à l'Opéra de Lyon.
La Cenerentola c'est Cendrillon mais dynamitée par la partition de Rossini et la mise en scène de Stefan Herheim. Carmen est sortie de l'Opéra tellement enthousiaste qu'elle y a perdu sa pantoufle de verre.