Ma maison dans laquelle j'aimais me cacher, les jours d'hostilité du monde, s'est refermée sur moi comme une plante carnivore...
Le docteur me donne des tranquillisants, pourtant je ne dors pas. Je me couche chaque soir dans un lit comme un bout de viande sur une table d’autopsie.
Vanessa Rostaing
★ NUIT 4 - CARNET DE VOYAGE ★
De toute évidence je n'ai pas assez dormi et je suis convoquée nuit 4. J'embarque sur la péniche qui me fera descendre aux portes de l'ancien marché de gros.
★ #ÉCLIPSESOLAIRE ★
Zut. Je suis raide. Je me souviens pourtant avoir quitté le bar de bonne heure et m’être juste enfilée une demi tonne de raviolis en rentrant. Bizarre. J’ai fumé trente six clopes cousues les unes aux autres, et accueilli des rires qui n’avaient rien de commun avec le cafard.
★ LES RAISONS DU CORPS ★
« Sans la maison, l’homme serait un être dispersé. Elle maintient l’homme à travers les orages du ciel et les orages de la vie. Elle est corps et âme » de Gaston Bachelard, La poétique de l’espace.
★ PROMMENEUR IMMOBILE N°4 ★
Je sors du métro et m’éloigne pas à pas de ce côté de la ville bien arrangé. Je longe la ruelle peuplée de vendeuses ambulantes en camionnettes immobiles. Je ne croise personne qui ne soit concerné par le commerce du sexe et arrive enfin où je suis attendue.
★ MES NUITS SONT BLANCHES ★
J’arrive vers minuit dans l’ancien marché de gros. Tout autour de moi, des milliers d’autres, avec casquettes, lunettes, paillettes, capuches et sacs à dos. Le site est grand ; il est néanmoins possible de circuler malgré la foule. La moyenne d’âge se situe entre 18 et 25 ans.

★ PROMENEUR IMMOBILE N°3 ★

Après avoir avalé des kilomètres de blouses blanches, on les a recrachés dans la vie comme poussés du haut d’une falaise. Tu t’envoles ou tu t’écrases. Les lumières du tarmac sous les paupières, ils ont atterri dans mon refuge urbain où nous parlons culture de temps en temps.
★ PROMENEUR IMMOBILE N°2 ★
Michel a passé ces dernières années d’activités professionnelles dans un logement social qu’il partageait avec sa mère. Un ménage de raison, reposant sur un contrat d’ivresse et d’entraide réciproque.

★ PROMENEUR IMMOBILE ★

Ce matin, le vague à l’âme, j’ai rampé jusqu’à mon bureau pour me soustraire à toute forme d’échange. Je ne serais parvenue jusqu’aux complaintes remplies de vide, jusqu’à ce trou béant qui a grignoté les galériens et d’où dégouline une hémorragie de mots destinés vers nulle part.
★ PROMENEUR IMMOBILE ★
Accoudé au comptoir, un gars me suggère une suite à la chronique «Mon meilleur plan cul ». Je lui répond un « peut-être, je ne sais pas, pourquoi pas…». En bonne élève, je décide finalement de rentrer pour m’essayer à l’exercice.